Audience académique spéciale AESH : un grand flou persiste, mais le SNES-FSU reste combatif et aux côtés des personnels !

jeudi 8 avril 2021
par  Snes S3 MC

Le mercredi 31 mars devait se tenir, avec vos élus SNES-FSU, une audience inédite réunissant les services du Rectorat et des quatre DSDEN de l’académie sur la question de la gestion des AESH. Cette réunion a bien eu lieu à 10h, en visioconférence, en présence des secrétaires généraux du Rectorat et de la conseillère technique ASH de la Rectrice, mais seul le département de l’Essonne était représenté en la personne de son Secrétaire général. L’Administration n’a donc pas tenu ses promesses et montre, une fois de plus, son mépris à l’égard des AESH en refusant d’améliorer collectivement la situation de ces personnels indispensables et d’homogénéiser les pratiques entre les quatre départements.

 1. ARCHITECTURE BUDGÉTAIRE ET CADRE DE GESTION

On compte, en effet, actuellement huit employeurs différents pour les AESH : les quatre DSDEN (pour les contrats financés sur le Titre 2) et les quatre établissements mutualisateurs (pour les CDD financés sur les crédits Hors Titre 2).
=> Selon que vous êtes gérés par l’un ou par l’autre, votre interlocuteur ne sera pas le même et vous verrez plus ou moins vite votre situation régularisée. On retiendra l’exemple d’indemnités auxquelles certaines AESH ont droit, que seuls les établissements mutualisateurs ont mis en paiement pour le moment : c’est le cas de l’indemnité compensatrice CSG (voir notre article à venir) et de l’indemnité différentielle du SMIC (voir notre article à venir) qui apparaîtront avec rattrapage sur la paie d’avril et mai pour les AESH concerné·es gérées par les DSDEN.
Le SNES-FSU a dénoncé fermement ce retard et ces disparités entre les employeurs, en rappelant que ces dysfonctionnements fragilisent des personnels déjà précaires, qui exercent pour une grande majorité à temps partiel.

Concernant la rémunération des AESH, le rectorat de Versailles est d’ailleurs un très mauvais élève : la plus grosse académie de France, qui accueille sans doute le plus grand nombre d’AESH, n’a toujours pas convoqué de groupe de travail sur la nouvelle grille de rémunération qu’il faut pourtant appliquer depuis le 1er janvier 2021 (voir courrier DGRH) ! C’est pourtant ce groupe de travail qui permettra que tou·tes les AESH rémunéré·es à un indice majoré inférieur à 332 voient leur indice majoré et donc leur rémunération augmenter. Lors de l’audience, le Rectorat a promis d’arrêter en début de semaine une date pour ce groupe de travail : à ce jour, aucune date n’a été arrêtée ! Le SNES-FSU s’apprête à intervenir de nouveau pour rappeler les engagements de l’Administration sur cette question.

La rémunération reste donc au cœur des revendications du SNES-FSU ! Cette question ne peut être dissociée de celle du temps de travail, sur laquelle nous sommes longuement intervenus, parce qu’elle est emblématique de l’absence de cadrage de l’académie de Versailles. Pour comprendre les subtilités de calcul de votre temps de travail, n’hésitez pas à lire notre article sur ce sujet. Vos réponses à notre enquête ont fait apparaître des disparités d’un département à l’autre et d’un employeur à l’autre sur le calcul de votre temps de travail et donc de votre rémunération : pour les AESH employé·es à 50%, les employeurs ne s’appuient pas sur le même temps de travail annualisé ! quand certain·es font 800 heures, d’autres ailleurs en font 804 ! Le SNES-FSU a dénoncé fermement cette différence de traitement entre les AESH d’une même académie, qui pour une même quotité de service n’ont pas le même temps d’accompagnement devant élèves. Ce temps d’accompagnement est d’ailleurs différent de celui présenté dans le guide national. L’Administration, sur cette question, fait la sourde oreille feignant de ne pas comprendre le nœud du problème.

 2. LES PIAL : UN OUTIL DE GESTION COMPLEXE ET OPAQUE

Le SNES-FSU a pu mettre en lumière tout au long de cette audience les difficultés majeures que pouvaient poser les PIAL, difficultés prévisibles que l’Administration n’a pas anticipées et qui renforcent l’isolement et la dégradation des conditions de travail des AESH.
Beaucoup de nos questions restent encore sans réponses et témoignent une fois de plus de l’absence de cadrage dont fait preuve l’académie de Versailles. Quand il est par exemple question d’indemnité de résidence, personne n’est capable de dire avec certitude si cette indemnité est calculée à partir de la commune tête de PIAL ou à partir de la commune d’exercice. Quand on interroge par ailleurs le Rectorat sur la représentativité des AESH dans les instances locales, personne n’est capable de dire avec certitude si l’AESH peut se présenter aux élections de son établissement d’exercice ou bien à celles de l’établissement tête de PIAL. Ces questions sont d’une grande importance : le SNES-FSU revendique un véritable statut pour les AESH, et la prise en compte de ce statut doit d’abord passer par une inscription claire dans une communauté éducative identifiée. En cela, le PIAL s’avère être un véritable frein.

Dans leur fonctionnement, les PIAL accentuent par ailleurs des inégalités déjà perceptibles dans la gestion des AESH. Il n’existe pas encore d’AESH référent·es dans tous les PIAL et de ce point de vue, certains départements sont très en retard (par exemple les Yvelines). Les indemnités relatives aux missions des AESH référent·es n’ont pas encore été versées et vous êtes nombreux et nombreuses à nous interpeller sur ce mépris de l’Administration qui ne reconnaît pas le travail accompli. Et tandis que le temps de travail des AESH référent·es se décompose en 60/40 % dans certains PIAL, on trouve une répartition 70/30 % dans d’autres. Encore une disparité que l’Administration peine à expliquer. À quand une homogénéisation des pratiques ? Le PIAL s’avère être un véritable outil de gestion des AESH qu’on utilise au détriment des besoins des élèves. En témoignent vos inquiétudes sur le temps d’accompagnement dans les dispositifs ULIS qui semble baisser sans compensation quand l’AESH collective devient référente ! Nous avons questionné le Rectorat sur ce point. La réponse apportée est trop vague et très insatisfaisante. Dans les faits, il est de plus en plus difficile de travailler à temps complet sans être AESH référent·e compte tenu de l’amplitude horaire que représente un 100 %. Vous êtes nombreuses et nombreux à nous interpeller sur ce point : d’un dispositif ULIS à l’autre, le temps d’accompagnement des élèves doit rester le même (un équivalent temps plein) ; le SNES-FSU a demandé un complément d’accompagnement pour tous les dispositifs qui ne disposaient pas de ce temps.
Enfin, si le PIAL exige des AESH une grande flexibilité et une grande mobilité en transformant ces personnels en simples pions qu’on peut déplacer d’un établissement à l’autre, aucune flexibilité ni aucune mobilité ne leur est pourtant accordée en retour quand les AESH expriment leur besoin ou leur désir de muter ! Vous êtes plusieurs à nous interpeller sur ce point par mail ou dans vos réponses à notre enquête : l’Administration est d’une rigidité absolue sur ce sujet et a affirmé pendant l’audience qu’il n’existe à ce jour aucune possibilité de mutation pour les AESH et que la seule solution pour changer de département ou d’académie est la démission qui permettra la mise en place d’un nouveau contrat ailleurs. Le SNES-FSU s’indigne de cette réponse : c’est aussi en autorisant la mobilité aux AESH que nous pourrons créer un véritable corps professionnel et sécuriser les carrières.


Le SNES-FSU reste à vos côtés ! N’hésitez pas à nous contacter par mail à l’adresse aesh@versailles.snes.edu.


Documents joints

Guide ministériel AESH
MEN rémunération AESH

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