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Compte-rendu de l’audience avec la direction de l’ESPE

Le jeudi 20 décembre 2018
dimanche 3 février 2019
par  Secteur entrer dans le métier

Les représentants de la FSU de Versailles ont rencontré le directeur de l’ESPE Jacques Renaud le jeudi 20 décembre 2018. Ils ont pu faire remonter un certain nombre de problèmes.

Pour la FSU étaient présents, Bruno MARECHAL (SNEP), Baptiste EYCHART et Maud RUELLE (SNES)

Nous avons été reçus par Jacques RENAUD, le directeur de l’ESPE et Christophe GUEGO, responsable parcours MEEF à l’ESPE.

Après avoir présenté un bilan de l’évolution du fonctionnement de l’ESPE depuis notre rencontre l’an dernier, et avoir signalé les améliorations, les représentants de la FSU ont échangé sur un certain nombre de points qui posaient problème.

Si nous constatons globalement du mieux sur le respect des droits syndicaux, nous avons signalé des aberrations comme des déclarations de formateurs demandant aux stagiaires de rattraper leurs journées de grève. Le directeur de l’ESPE a rappelé que le seul engagement de l’ESPE était de remonter la présence des stagiaires lors des formations. L’ESPE n’est en outre pas responsable des éventuels retraits sur salaire.

Un courrier rappelant le droit a été adressé aux formateurs. La FSU a proposé que les stagiaires en soient aussi destinataires. Mr Renaud a évoqué le livret de rentrée, qui comporte des informations même s’il a reconnu qu’il n’était pas si fourni sur ce point. La direction de l’ESPE incline à penser que la question est plutôt du ressort du rectorat.

La question des affectations des stagiaires sur les sites

La FSU a évoqué l’affectation des stagiaires en début d’année sur les différents sites de formation. En EPS ainsi les stagiaires de Paris sont affectés prioritairement à Nanterre, les autres à Orsay quasiment mécaniquement. Plus généralement, beaucoup de stagiaires (qui ont souvent des contraintes importantes en terme d’horaires, notamment lorsqu’ils ont des enfants) sont affectés sur des sites loin de leur domicile et ou de leur établissement alors qu’un autre semblait plus pertinent.
La direction de l’ESPE a mis en avant le fait qu’elle ne contrôlait pas la création des établissements « berceaux » pour les stagiaires (et donc, par exemple, une affectation dans un établissement classé REP, affectation que nous critiquons) et qu’elle « n’avait la main » que sur l’affectation sur les sites de l’ESPE. Il y a par ailleurs des contraintes pour les visites des formateurs. Cette année, les vœux d’affectation auraient été tous satisfaits.
La FSU a proposé des critères de départage transparents pour l’affectation sur site avec peut-être un barème, mais la direction de l’ESPE pointe la lourdeur du mécanisme à mettre en place.

Les parcours adaptés

La FSU a encore une fois, année après année, fait remarquer le caractère « non adapté » des parcours adaptés. Il y a un un mécontentement réel des collègues sur ce point : les stagiaires ne voient pas en quoi ils sont adaptés à leurs besoins. Les représentants de l’ESPE ont essayé d’amener des éléments d’explication : l’adaptation correspond au 2/3 ou à 1/3 de la formation. Un DU correspondant à un 1/3 de la formation est proposé par exemple pour ceux qui ont déjà Master MEEF.
Mais plus généralement, il y a un travail très long de validation d’acquis, pour adapter effectivement les parcours, en prenant connaissance des dossiers les uns après les autres. Sans doute les responsables de parcours n’en proposent-ils pas suffisamment, faute de moyens. On revient encore sur la question des manques de moyens de l’ESPE.

Les élections au Conseil d’école

La FSU est revenue sur le taux de participation très mauvais aux élections au Conseil d’école de l’ESPE (2,78 %). Il y a un consensus sur ce point : ce n’est pas satisfaisant. La possibilité d’une présentation du conseil d’école, lors d’une demi journée en début d’année, qui traiterait aussi ces élections, a été évoquée.

Nous sommes revenus aussi sur la question des autorisations d’absence pour les élus des usagers au conseil d’école. Elle n’est pas garantie. Nous nous proposons d’intervenir auprès du rectorat sur ce point.

MUSE

Les rapports devraient être mis en ligne (rapport de visite et bilan d’étape). En fait, nous avons fait remarquer que certains ne sont toujours pas consultables. Cela entraîne un problème de cohérence, mais aussi d’équité de traitement entre les stagiaires.

La direction de l’ESPE est sensible au problème. Certains tuteurs auraient une certaine méfiance vis-à-vis de MUSE (crainte de voir un rapport formatif utilisé comme évaluatif). Mais les tuteurs montreraient en tout cas bien le rapport au stagiaire (qui doit le signer).

Le paiement de la CVEC

La FSU a réaffirmé sa critique de cette contribution obligatoire et injuste. Nous avons par ailleurs pointé la question de l’absurdité de faire payer ces droits à des stagiaires en prolongation qui ne suivraient donc que quelques semaines ou mois de formation. La direction de l’ESPE comprend ce cas limite. Par contre la question du paiement du CVEC en tant qu’obligation générale n’est pas de son ressort mais du ministère et des présidents d’université.

L’avenir des ESPE

L’avenir des ESPE a aussi été évoqué avec la création des INSP (Instituts nationaux supérieurs du professorat) remplaçant les ESPE. La FSU a noté le caractère brutal et rapide de la décision prise sans effectuer un bilan des ESPE, et le surcoût d’une transformation du matériel de l’ESPE (changement de logo, d’entêtes etc.) a été pointé par la direction de l’ESPE. La dimension dévalorisante du projet est remarquée.

Des dysfonctionnements divers

Nous avons aussi porté les revendications des stagiaires sur de nombreux cas de dysfonctionnements. Ainsi, le cas en anglais du portfolio exigé sur le site de Nanterre. Nous avons dénoncé la lourdeur de ce qui est demandé, le caractère totalement inapproprié et infantilisant. Des éléments d’explication nous seront fournis ultérieurement.

Tour à tour nous avons évoqué certains autres cas problématiques ou aberrants comme des consignes étranges transmises dans une formation en STMS, des sorties théâtre à Nanterre organisée le soir dont les stagiaires ne savent pas trop bien si elles sont obligatoires ou facultatives, des problèmes de cours déplacés d’un jour de la semaine à l’autre en histoire à Cergy. Les refus d’accepter des stagiaires ayant des retard de 15 mn, comme à Gennevilliers par exemple, montrent bien que beaucoup de formateurs envisagent les stagiaires comme des « élèves » à éventuellement sanctionner plutôt que comme des fonctionnaires adultes.

Malgré les capacités d’écoute dont ont témoignées messieurs Renaud et Guego et les engagements à essayer de faire cesser des situations aberrantes et inacceptables, le fonctionnement au quotidien de l’ESPE pose encore trop de problèmes. Dans le contexte de leur remise en cause par le ministère, cette question reste brûlante.