Depuis le lundi 7 juillet, les épreuves de Second groupe du baccalauréat appelées communément de « rattrapage » ont commencé. Dans l’Académie de Versailles, le déroulement de ces épreuves se fait dans la confusion et la désorganisation.
Le Rectorat avait signifié aux collègues de lycée, et notamment ceux pressentis pour être correcteurs et examinateurs, qu’il fallait qu’ils restent disponibles jusqu’au mercredi 9 juillet 2025 au soir, date de la promulgation des résultats des épreuves de Second groupe.
On aurait pu imaginer une anticipation largement en amont de la part du SIEC, anticipation qui aurait permis d’envisager la plupart des besoins en terme d’examinateurs nécessaires pour assurer le rattrapage. Cette anticipation aurait pu et dû équilibrer la charge de correction entre les examinateurs comme le recommandait la circulaire rectorale, prendre compte les distances pour rejoindre les centres de passage etc.
Des convocations du jour pour le lendemain pour les jurys de délibération et les oraux de rattrapage
Cette année, il n’en a rien été manifestement. Ayant très mal anticipé les besoins, le SIEC a tardivement fait « feu de tout bois » en lançant des convocation bien au-delà de ce qu’on peut appeler « la dernière minute ».
Ainsi de nombreux collègues ont été convoqués pour participer aux jurys de délibérations du vendredi matin, le jeudi soir à 18 h 30.
Le même phénomène s’est reproduit pour le passage des oraux de rattrapages : vendredi, en fin d’après-midi, des convocations sont tombées pour le lundi matin.
Il s’agit de mesures tout à fait inacceptables. Rappelons que l’usage est de toujours laisser 24 h à un enseignant entre l’annonce de sa mission et le début de cette dernière. Par ailleurs, du fait du « droit à la déconnexion » durant le weekend, nous ne sommes pas tenus d’interroger Imagin’ ou notre boite mail professionnelle durant ce dernier.
Ces règles, connues et de bon sens, garantissent des conditions de passage satisfaisantes alors que depuis des années déjà le SNES-FSU dénonce la gestion inacceptable du vivier des correcteurs dans les académies franciliennes (convocations extrêmement lourdes et très mal réparties, trajets longs voire très longs etc.).
En conséquence, dès vendredi des collègues convoqués n’ont pu être présents sur place, fragilisant les jurys et augmentant lourdement la charge de travail sur les collègues présents. On a pu voir des chefs de centre appelant eux-mêmes les collègues pour s’assurer qu’ils viendraient bien ou même demander à des examinateurs de trouver des collègues pour les épauler !
Le SNES Versailles juge inacceptable cette situation et va interpeler le Rectorat et le SIEC à ce sujet. Par ailleurs, il demande que les collègues convoqués dans des délais intenables et n’ayant pu accomplir leur mission d’examen ne subissent aucun retrait sur salaire au titre du service non fait. Il exige que les solutions « bricolées » dans les centres par les chefs de centre cessent et que le SIEC fasse réellement son travail de convocation des examinateurs.
Ajout du 11 juillet :
Le Rectorat de Versailles, que nous avions interpelé sur cette situation inacceptable, a répondu au SNES Versailles sur cette situation. Il reconnait effectivement le caractère « difficile » de la situation et que « les chefs de centre ont en effet contacté vendredi soir les services du SIEC pour leur demander de convoquer en urgence pour le lundi matin de nouveaux professeurs ». Ce serait l’absence annoncée des professeurs attendus qui expliquerait une telle situation. Et le SIEC ne serait pas en cause puisqu’il se serait efforcé de convoquer très en amont les examinateurs et les présidents de jury. Par ailleurs, le Rectorat annonce que les situations des services non faits seront étudiées « au cas par cas », ce qui est ambigu et laisse la porte ouverte à des retraits sur salaire non justifiés.
Pour le SNES, cette réponse n’est pas pleinement satisfaisante. Ainsi des absences des examinateurs : des réservistes sont toujours prévus, alors pourquoi alors une telle pagaille ?
Par ailleurs, nous avons du mal à croire que tous les désistements se soient faits systématiquement le jeudi 3 ou le vendredi 4 juillet prenant les centres tous de court.
Pour finir, cette avalanche d’absences – si elle était bien avérée – devrait inciter à réfléchir aux conditions d’exercice du métier et notamment du passage des examens. La lourdeur des convocations extrêmement mal réparties par le SIEC qui prolonge avec obstination ses pratiques d’une année à l’autre est susceptible de les expliquer. Le SNES a fait remonter énormément de situation d’épuisement chez les collègues examinateurs. C’est donc une remise à plat de l’organisation par le SIEC des examens qu’il faut opérer.
