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Salaires : la revalorisation est urgente !

mercredi 9 janvier 2019
par  Snes S3 SV

 Les faits : un déclassement salarial avéré

Les chiffres parlent d’eux-mêmes :

  • En 1980, professeurs, CPE et PsyEN débutants gagnaient 2 fois le SMIC, aujourd’hui c’est 1,25 fois le SMIC.
  • en 15 ans, du fait des mesures prises (gel du point d’indice, augmentation des cotisations retraites etc.), les enseignants ont perdu l’équivalent de 2 mois de salaire
  • le salaire net mensuel moyen d’un enseignant est inférieur de 9,8% à celui d’un cadre de la Fonction Publique et de 32,7% à celui d’un cadre du privé
  • le salaire horaire réel des enseignants (en prenant en compte la réalité du
    temps de travail, soit 42h53 selon une enquête de la DEPP) est inférieur au salaire horaire moyen
    Voir aussi le site du SNES-FSU : salaire correct exigé !

 La revalorisation n’est pas une contrainte mais un choix politique à assumer !

Contrairement à ce qui est énoncé doctement par bon nombre de pseudo experts économistes libéraux, repris en chœur par une grande partie de la classe politique, la revalorisation salariale des agents de la Fonction Publique, et en particulier des personnels de l’Education Nationale, n’est pas un poids pour les finances publiques, mais bien un choix politique ce qui suppose de rompre avec les politiques économiques et fiscales menées ces dernières années.
L’augmentation des salaires des personnels de l’Education Nationale est un triple impératif

  • c’est un investissement incontournable pour redonner une certaine attractivité à nos métiers et surmonter la grave crise de recrutement que connaissent actuellement nos professions
  • c’est aussi un outil économique incontournable, l’augmentation des salaires permet de relancer la consommation et l’investissement, ce qui relance l’activité, à l’opposée des pseudo solutions qui font de l’austérité un dogme indépassable de l’action publique
  • C’est enfin se donner les moyens de développer un service public de qualité : les services publics sont des outils incontournables dans la lutte contre les inégalités de tout ordre, c’est une garantie pour l’accès de tous, quels que soient les revenus, à des services essentiels.

 Austérité salariale assumée par le Gouvernement

Dès son arrivée au pouvoir, le gouvernement d’Édouard Philippe remet en cause le PPCR et gèle son application pendant un an.
Déterminé à aller toujours plus loin dans sa politique anti-fonctionnaire, Gérald Darmanin, ministre de l’Action Publique, annonce le gel du point d’indice ainsi que le retour du jour de carence, mesure vexatoire et stigmatisante. Dans le cadre du chantier CAP2022 (réforme systémique de la Fonction publique), le Gouvernement avance aussi ses pions pour développer la rémunération au mérite. Or, toutes les études le montrent, cette vieille lune sarkozyste n’est en rien un moyen de revaloriser nos salaires. Elle est surtout un instrument de mise en concurrence des personnels qui dessert l’objectif de réalisation de l’intérêt général, pourtant au cœur de nos missions d’agents de la Fonction publique.

Dans l’Education Nationale, Jean-Michel Blanquer ne fait pas mystère de sa volonté de développer le recours aux heures supplémentaires, n’hésitant pas à faire comme si le cadre statutaire (une seule HSA peut être imposée) n’existait pas ! Le tour de passe-passe sur les suppressions d’emplois confirme cette orientation politique : la réactivation du « travailler plus pour gagner plus » qui n’est qu’un leurre économique et qui est une forme de mépris pour les personnels qui assument déjà une charge de travail très élevée (cf campagne du SNES-FSU sur le temps de travail  : 42h53)

Les mesures proposées par le gouvernement ne répondent pas à l’urgence de la situation. La mobilisation est indispensable pour obtenir une revalorisation conséquente.

 Les campagnes du SNES-FSU

  • Campagne du SNES-FSU pour les salaires : salaire correct exigé !
  • Temps de travail des personnels, il est temps de casser les préjugés, campagne du SNES-FSU 42h53
    Plus d’informations à venir.