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Réforme des lycées : les profs s’adressent aux parents lors de la journée portes ouvertes du lycée Le Corbusier 78 Poissy

lundi 8 mars 2010
par  Snes S2 Yvelines

Les professeurs du lycée LE CORBUSIER sont très heureux d’accueillir les parents d’élèves à l’occasion de la « journée portes ouvertes », de leur faire découvrir le lycée, le travail et les projets réalisés par les personnels et les élèves et de recevoir dans leur établissement à la rentrée 2010 leurs enfants dont la réussite leur tient à cœur.
Toutefois, ils souhaitent exprimer auprès des parents leurs plus vives inquiétudes sur la réforme de TOUS les lycées censée entrer en vigueur sur l’ensemble du territoire, dans TOUTES les classes de seconde en Septembre prochain. Cette réforme, rejetée par la quasi-totalité des enseignants du secondaire, appauvrit sensiblement les enseignements, réduit les horaires disciplinaires, organise pour un grand nombre d’élèves la baisse du niveau.
Marquée par la suppression de 16000 postes dans l’Education, elle ébranle au niveau national, les missions de service public et le traitement égal des élèves sur le territoire, institutionnalise la déréglementation, le fonctionnement à géométrie variable des établissements, la concurrence entre les lycées, les professeurs, et les élèves. Ces derniers feront les frais de cette politique éducative régressive.

I -EN SECONDE :

1. L’aide individualisée en français et en mathématiques disparaît.
2. Les travaux en petits groupes et les dédoublements ne sont plus garantis légalement. Ils sont organisés localement (notre établissement a trouvé une solution à ce problème pour la rentrée 2010) et susceptibles d’être remis en cause
3. Les horaires disciplinaires sont fortement diminués : moins de mathématiques, moins de français, moins d’histoire géographie, moins de sciences expérimentales, de sciences physiques et sciences de la vie et de la terre.
4. Sont introduits des enseignements d’exploration indigents, à raison de deux par élève d’1h30 chacun, en remplacement des options actuelles de détermination (3 heures).
Leur contenu disciplinaire ou interdisciplinaire est le plus souvent sans consistance, et ne donnera lieu qu’à un survol de connaissances et de savoir-faire.
5. Les « programmes » de ces E.E. sont tantôt trop complexes et inadaptés (CF SES par exemple), tantôt conçus en dépit du bon sens.
6. La mise en place de l’accompagnement personnalisé est un leurre et cache une réalité contestée :
a. Il est financé sur la baisse des horaires disciplinaires.
b. C’est un fourre-tout « transdisciplinaire » consacré à la fois à de l’orientation, à de l’aide personnalisée, à de l’approfondissement, à du tutorat, et à des travaux interdisciplinaires. Parallèlement, les postes de conseillers d’orientation sont peu à peu supprimés. Le tutorat n’est pas financé, représente un élargissement contestable des missions des enseignants, et ne pourrait être assuré qu’en sollicitant massivement leur bénévolat.
c. Le risque est évident que les objectifs de cet accompagnement varieront d’un établissement à un autre, consacrant un peu plus la rupture de l’égalité républicaine.
d. Cet accompagnement n’est personnalisé que sur le papier. Il ne peut être dédoublé, il exclut les petits groupes (faute de moyens) et le temps consacré à UN élève sera de 6 minutes sur une année.

II-EN PREMIERE et TERMINALE (CYCLE TERMINAL) :

1. Instauration d’un tronc commun en première
a) La réforme brouille l’identité des séries, le profilage des classes, et des voies de formation (L/S/ES/STG).
b) Elle vise à augmenter les effectifs qui s’élèveront à 35 élèves dans les classes de 1ère.
c) Elle ne permettra en aucune façon de mieux réorienter les élèves : les stages passerelles pendant les vacances ne feront l’objet d’aucune évaluation et ne permettront pas à un élève de STG, de L, et de ES de rejoindre une série S.
2. Baisse très sensible des horaires élèves à tous les niveaux (1ère et Tale) dans toutes les disciplines et dans toutes les séries qui prépareront de moins en moins les élèves aux exigences universitaires :
a) La série S appauvrie :
> En particulier dans les disciplines scientifiques et dans les sciences expérimentales (n’y a-t-il pas une contradiction entre un discours officiel qui n’a cessé de marteler la nécessité de former des scientifiques et ces lourdes ponctions horaires ?)
> Est-il besoin de rappeler le scandale de la suppression de l’histoire géographie en terminale S ?
b) La série ES affaiblie :
Elle est moins bien identifiée ; on expurge de l’enseignement de SES une part de la sociologie, des sciences politiques au profit d’une approche utilitariste et technique de cet enseignement.
c) La série L en mal de reconnaissance :
> Suppression de l’enseignement des mathématiques en première L.
> Suppression de deux heures de Littérature en Tale L.
d) Un avenir très incertain pour les STG

III-LA REFORME DU RECRUTEMENT ET DE LA FORMATION DES MAITRES

Enfin, la réforme renonce à la formation des professeurs et aggrave les conditions de l’exercice du métier. Les jeunes enseignants promus aux concours ne recevront pas de formation avant d’accueillir les élèves : ils seront mis tout de suite en situation d’enseignement à temps plein ; deux millions d’élèves sont susceptibles d’avoir des professeurs non formés à la rentrée prochaine.

Les enseignants dénoncent en conséquence le manque d’ambition pour l’école et la jeunesse, une réforme qui ne répond pas aux attentes des parents relatives à la réussite des élèves passant par une meilleure prise en charge et un meilleur encadrement de leurs enfants (par les professeurs, par des horaires disciplinaires ambitieux, par les conseillers d’éducation, les assistants d’éducation, le personnel de santé et les psychologues, le personnel administratif et les agents techniciens dont les postes sont brutalement réduits) et à une meilleure orientation (grâce à des conseillers d’orientation plus nombreux). Cette réforme ne répond pas non plus à un rééquilibrage des séries.
Cette réforme met enfin un coup d’arrêt à la démocratisation de l’école. Elle instaure un système scolaire de plus en plus sélectif et ségrégatif, fonctionnant comme un marché propre à aggraver les inégalités sociales et scolaires incompatibles avec l’exigence d’égalité portée par les parents et l’ensemble des citoyens.
Les professeurs dénoncent enfin les menaces pesant sur l’avenir du baccalauréat national au sein d’un système éducatif éclaté et à plusieurs vitesses.

LES ELUS ENSEIGNANTS AU CONSEIL D’ADMINISTRATION DU LGT LE CORBUSIER


Documents joints

tract_parents
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