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VAL D’OISE : Au lycée Montesquieu d’Herblay, une rentrée sous tension.

samedi 19 septembre 2015
par  Snes S2 Val d’Oise

La préparation de la rentrée à la fin de l’année scolaire dernière s’était déroulée dans la confusion. La Direction Académique du Val d’Oise avait d’abord donné les moyens pour 11 classes de seconde, puis 12, puis 13, puis de nouveau 12. Un vrai bonheur pour constituer les services des enseignants et mettre en place les structures. L’intérêt des élèves et des personnels doit désormais être soluble dans les indicateurs de performance.

D’autant que la réforme du lycée étant passée par là, les barrettes se sont multipliées dans les emplois du temps. Pour les enseignements d’exploration, pour les groupes de compétence en langue finalement abandonnés puisque comptant désormais plus de 30 élèves alors qu’on ne devait pas dépasser 20, pour les accompagnements personnalisés (ceux pour faire de la méthodologie et ceux pour faire de l’orientation), pour les TPE...

Pourtant, en ce qui concerne le nombre de divisions, les choses auraient pu être beaucoup plus simples. Dès le mois de mars, les collègues avaient été reçus à la Direction Académique. Ils avaient souligné que les effectifs seraient en hausse. Le nouvel éco quartier d’Herblay commençait à se peupler – les livraisons se sont d’ailleurs poursuivies depuis. Le DASEN adjoint s’était voulu rassurant. Les élèves seraient jeunes. Pas en âge d’être au lycée. Une simple étude du coût du foncier permettait pourtant d’augurer que les nouveaux propriétaires ne seraient pas tous des primo accédants avec des enfants en bas âge. Mais baste ! Point n’était question de contredire les prévisions administratives. Et puis pourquoi tenter d’anticiper « avant qu’il y ait des rideaux aux fenêtres ». Il faut dire qu’en ces temps de vaches maigres, chaque heure de la dotation départementale compte.

Le résultat ne s’est pas fait attendre. Avec en moyenne 35 à 36 élèves par classe (plus les AVS des élèves handicapés – lorsqu’AVS il y a puisque la Maison Départemental des Personnes Handicapées traîne un peu les pieds pour nommer les personnels nécessaires... – il n’est pas toujours facile de circuler dans les couloirs, pas plus que dans les salles.

Restent les emplois du temps. Une adjointe partie à la retraite en cours d’année scolaire (c’est son droit après une longue carrière consacrée au service public d’éducation), un adjoint par intérim nommé à Pâques qui a fait tout ce qu’il a pu et même plus encore, un adjoint titulaire qui vient prendre ses fonctions fin août. Plus les tergiversations de la Direction Académique déjà citée dans ses œuvres. Toujours est-il qu’à la rentrée, les EDT ne sont pas fiables. La Direction Académique – toujours elle – accepte un report de 24 ou 48 heures du début des cours, puis se ravise, laissant tout le monde sur le terrain se débrouiller comme il peut. Enseignements d’exploration et TPE sont suspendus sine die. Pour mettre tout ça d’équerre, il a fallu retirer des heures aux uns, en rajouter aux autres, changer certaines classes de prof et certains profs de classe.

Pourquoi n’avoir pas anticipé ? Pourquoi n’avoir pas envoyé un chef d’établissement rompu à l’exercice pour épauler les nouveaux adjoints successifs ? C’est que voyez-vous, « chez nous on n’est pas dans la prévention mais dans le curatif ».
Le tuyau de gaz est périmé ? Plutôt que de le changer, on préfère couper le gaz. En période d’austérité ça a deux avantages : d’abord on ne paie plus ni le gaz ni l’abonnement, ensuite on n’a pas besoin de dépenser des sous pour un nouveau tuyau. Après tout, il suffit de montrer ça en images à l’aide du vidéoprojecteur. Enfin, si le rectorat n’a pas mis en vrac le réseau pour tout réorganiser... Et manque de chance cette année... Vous n’y croyez pas Eh bien ! il faut y croire !

Résultat ? Trois semaines de grand bazar. Une Direction Académique discréditée parce qu’elle ne tient pas parole et ne fait pas confiance à l’expertise de ceux qui sont sur le terrain. Un établissement fragilisé par une rentrée chaotique. Ça n’a pas empêché la DASEN de recevoir les nouveaux personnels de direction du département au lycée... Montesquieu pour fêter ça !

Faut-il s’étonner que le Ministère n’aie pas voulu faire le bilan de la réforme du lycée ? Montesquieu n’est pas le seul établissement à subir les politiques néolibérales à l’œuvre sans discontinuer depuis 20 ans dans les services de l’Etat. Avec la réforme du collège, le ministère s’apprête à en remettre une couche. Au collège d’abord, à la rentrée prochaine. Et au lycée ensuite n’en doutons pas. Pas de raison, en effet, de changer une politique qui détruit si bien nos identités professionnelles, tout en creusant chaque jour un peu plus les inégalités sociales !

S1 du lycée Montesquieu d’Herblay