Retour sur le stage « Professeurs documentalistes : le point sur la nouvelle circulaire de missions »

vendredi 16 juin 2017
par Snes S3 SV

Quelques semaines après avoir organisé un stage sur le métier de professeur-documentaliste (compte-rendu ici), les sections SNES-FSU des académies de Versailles, Créteil et Paris ont organisé un nouveau temps d’échange, centré cette fois sur la nouvelle circulaire de mission. Ci-dessous un compte-rendu des nombreux échanges de cette réunion.

Le stage du mercredi 31 mai était ouvert aux professeurs documentalistes des académies de Paris, Créteil, Versailles. Il était animé par Virginie Pays, professeure documentaliste et responsable du groupe des professeurs documentalistes au SNES-FSU national. Une vingtaine de collègues étaient présents.La circulaire de missions du 31 mars 2017 n’ayant pas permis d’éclaircir les multiples interprétations concernant les missions du professeur documentaliste, il s’agissait de trouver comment se positionner collectivement. Voici la synthèse des points abordés, par ordre chronologique

 Oraux du brevet, quelle participation du professeur documentaliste ?

Le BO (n°14 du 8 avril 2016 n°14 du 8 avril 2016) dit « L’établissement suscite autant que possible la représentation de toutes les disciplines dans ses jurys. Chaque jury est constitué d’au moins deux professeurs », donc rien n’exclut le professeur documentaliste. Pourtant, dans certaines académies, des notes de services ont précisé que si le professeur documentaliste était présent, ce serait en 3e position. Dans l’Oise, à l’inverse, on encourage la participation des professeur documentaliste et CPE.
Pour le SNES-FSU, il n’est pas choquant d’avoir des jurys de trois personnes tant que chacun a sa place. Si, en tant que professeur documentaliste, on n’est pas sollicité malgré notre désir, il faut savoir pourquoi, l’intention du chef d’établissement n’étant pas forcément d’évincer le professeur documentaliste. Lorsque le refus est clair, il faut en demander le motif et le faire notifier par écrit pour le transmettre au SNES-FSU. Le BO prime sur la note de service.
Le SNES-FSU remarque que la participation aux oraux pourrait être une revendication commune à condition qu’une majorité de collègues soit d’accord. Étant donné le temps de présence du professeur documentaliste en établissement, il ne faudrait pas tomber dans le piège d’être ensuite systématiquement « utilisé » quand les collègues de disciplines préfèreront faire cours. Les difficultés liées à l’épreuve sont rapidement abordées : EPI pas ou mal menés dans certains établissements, grilles réalisées localement, autorisation ou non de voir figurer le stage professionnel parmi les sujets.

 Ordre de mission et rémunération en tant que jury d’examen ?

Suite à ses échanges avec le SiEC ses échanges avec le SiEC refusant toute forme de rémunération et l’établissement de convocations, le SNES-FSU a demandé un écrit. Ce dernier comporte beaucoup d’erreurs. Le SiEC part du principe que le brevet n’est pas une épreuve d’examen. Le SNES-FSU prépare sa réponse. Si l’on est jury d’examen, il faut exiger un ordre de mission avec notification du nombre d’heures consacrées. Le chef d’établissement ne pourra pas le faire sous couvert du SiEC et aucune heure ne sera rémunérée sur ce motif par le rectorat.

 Décompte 1h = 2h, comment faire reconnaître ses enseignements ?

Lors d’une audience dans l’académie d’Aix-Marseilleaudience dans l’académie d’Aix-Marseille, l’administration a reconnu que le « bon fonctionnement du CDI » ne se limite pas à une amplitude d’ouverture, que l’EMI est un enseignement et que le professeur documentaliste a droit au décompte des heures avec une demande formalisée en amont.
Si l’on décide soit même de décompter ses heures (par exemple en arrêtant son service à partir du vendredi midi), il est important, a minima, de transmettre son planning au chef d’établissement, pour information, quelques jours à l’avance.
Pour le ministère, la limite, en termes d’enseignements par semaine, semble fixée à 3h (cf le forfait « 3heures » de l’académie de Rennesle forfait « 3heures » de l’académie de Rennes). Mais, cela reste très en deçà de l’engagement quotidien (en moyenne 6 à 8 heures d’enseignement par professeur documentaliste), si bien qu’un réel décompte semble inapplicable… Face à la demande de recrutement, le refus est clair. Le SNES-FSU incite à rencontrer le chef d’établissement pour lui communiquer les heures effectivement réalisées et connaître sa position quant à leur décompte. S’il refuse, il est important de demander une notification écrite avec les motifs du refus. S’il n’offre pas d’autre choix qu’un forfait, la question se pose : faut-il ou non accepter cette solution insatisfaisante de façon provisoire ?

Le SNES-FSU rappelle qu’il est possible d’aller au-delà de la limite des 26h (dans la limite des 6h par jour aux sixièmes) en expliquant le pourquoi de cette 27e h aux parents. Au sein des 26h, il est aussi possible d’intervenir en collaboration/dédoublement.

Plutôt que le paiement d’heures supplémentaires qui ne vont pas dans le sens d’une amélioration des conditions de travail, le SNES-FSU demande des recrutements. Il est toutefois possible de demander une rémunération spécifique dans le cadre d’un projet (comme un professeur de discipline pour la préparation d’un voyage par ex).

 Politique documentaire, que présenter ou non au CA ?

Les questions qui se posent : Ressources ? Pédagogie ? En termes de modalités ou plus ? Rester flou pour éviter un refus au CA ? Être précis pour obtenir davantage de financements au risque de voir ses actions évaluées ? Demander uniquement un nombre d’heures pour prendre en compte les enseignements ?
Le SNES-FSU remarque que les termes de « politique documentaire » sont repris dans la circulaire de missions des professeurs documentalistes car issus du référentiel de compétences mais il existe plusieurs définitions et, concrètement, personne ne sait vraiment ce que c’est. Dans l’académie d’Aix-Marseille, des prises de position apparaissent, comme celle de l’IA-IPR EVS Dominique Terriende l’IA-IPR EVS Dominique Terrien, qui restent très théoriques. Elles ne disent pas ce que l’on attend concrètement du professeur documentaliste sur le terrain. Des collègues font des projets documentaires, projets CDI ou autres mais c’est différent. Il est important que les professeurs documentalistes travaillent sur ce sujet - qu’accepte t-on, que refuse t-on – et se mettent d’accord sur un modèle commun. Ceci en considérant ce qui se fait déjà et ce qui est faisable compte-tenu des situations variées en établissement (collèges, lycées, de toutes tailles etc., par exemple, s’il est envisagé un volume horaire minimal d’enseignements à assurer par niveau).

  Affections non souhaitées en CDI

Dans certaines académies, trop de collègues sont placés en CDI par défaut, limitant les possibilités de mutations et nuisant à l’image du professeur documentaliste. Le SNES-FSU insiste sur le fait que ce n’est pas la réaffectation, surtout si elle est choisie, qui pose problème mais le fait que ces collègues ne sont pas formés pour exercer l’ensemble des missions du professeur documentaliste. Dans d’autres académies, il existe un suivi, une demande de validation d’acquis ou de passage du concours.
Pour le SNES-FSU, le véritable problème est la quasi absence de possibilités de reconversion pour les professeurs : que faire pour les collègues en difficulté ? Et si c’est un professeur documentaliste, où le placer ? Les cas de handicap, longue maladie, difficulté physique… sont réels et de plus en plus nombreux à l’approche de la retraite. Or, il n’y a pas de passerelles sauf vers des postes de catégorie B ou C donc avec une perte de salaire importante.

 Du fait de la diversité des profils, comment s’accorder ?

De façon générale, les profils des professeurs documentalistes sont extrêmement variés, avec des personnes issues de formations et professions diverses ce qui amplifie les difficultés lorsqu’il s’agit de trouver des revendications communes. Les syndicats reflètent cette diversité et la réforme n’a pas aidé des rapprochements qui permettraient pourtant de faire bloc. Le fait que les chefs d’établissement aient plus d’autonomie ne va pas aider la profession concernant le décompte des heures, le budget etc. Le professeur documentaliste voit sont risque d’être placé en position de surveillant, animateur du CDI, augmenter.
Tous les deux ans, lors de son congrès national, le SNES-FSU réactualise ses revendications. Le prochain congrès aura lieu au printemps 2018, d’où l’importance de prendre position concernant les textes. Quelles sont les revendications des professeurs documentalistes au-delà des revendications historiques (un professeur documentaliste pour 250 élèves et deux minimum en établissement) ?

 Carrière : devenir inspecteur ?

Un professeur documentaliste ne peut pas devenir inspecteur à l’Education nationale (au ministère de l’Agriculture oui), sauf à être d’abord chef d’établissement, pourquoi ? Ceci permettrait pourtant d’être mieux représenté et de défendre la profession, notamment sur le plan pédagogique. Le SNES-FSU note que les termes d’ « Inspection spécifique » peuvent être diversement compris : alors que le syndicat porte la revendication des professeurs documentalistes qui demandent une inspection spécifique, autrement dit à être inspectés par des professeurs documentalistes certifiés qui viendraient alimenter les rangs des IPR, l’administration comprend qu’il lui faut attribuer une qualification supplémentaire, « spécifique », aux inspecteurs déjà en place (par exemple à l’issue d’une formation)... Le SNES-FSU ajoute que cette question de l’inspection spécifique a été abordée avec le ministère au moment de la refonte de l’évaluation mais qu’il n’est pas envisagé de changement. Le syndicat continuera de porter cette revendication en s’appuyant - en particulier - sur les nouvelles modalités d’évaluation.

 Réforme de l’évaluation, grille d’évaluation

Les grilles d’évaluation grilles d’évaluation sont parues avec l’arrêté du 5 mai 2017. Celle du professeur documentaliste comporte 11 items. Elle est assez floue et sensiblement identique à celle des collègues de disciplines pour ce qui concerne l’enseignement.
Le SNES-FSU note que désormais, le professeur documentaliste doit être évalué en séance pédagogique, ce qui se faisait depuis longtemps mais n’était pas inscrit. Une avancée à porter au crédit du syndicat qui se félicite de voir reconnaître le volet pédagogique du métier.
Le SNES-FSU précise que le ministère travaille actuellement à la rédaction d’un livret d’aide à l’évaluation destiné aux inspecteurs. Ce texte n’aura pas de valeur légale mais il sera intéressant de voir comment les missions du professeur documentaliste seront interprétées. Concernant les rendez-vous de carrière, les commentaires, la note, les cases cochées ou non… pourront être contestés, ce qui risque d’être extrêmement complexe à gérer. Sans compter qu’il faudra aussi traduire cette grille en points pour déterminer quels collègues entrent dans les 30 % qui gagneront un an (cf les décrets PPCR).

 Indemnité de sujétion particulière – ISOE, le professeur documentaliste oublié ?

La revalorisation de l’indemnité de sujétion particulière était conditionnée à la parution de la nouvelle circulaire. Pourtant, alors que les CPE et les CoPsy l’ont obtenue, les professeurs documentalistes attendent toujours. Le SNES-FSU ne sait pas ce qui s’est passé et espère toujours la voir paraître dans un prochain BO. Il continuera de revendiquer cette revalorisation.

 Quid de la formation, notamment en didactique EMI mais aussi Info-doc ?

Aujourd’hui, la situation est extrêmement variable d’une académie à l’autre et, dans tous les cas, on assiste à une baisse des moyens. L’année prochaine, par exemple, il n’y aura plus 3 mais seulement 2 journées de formation à Paris, Créteil, Versailles (à Versailles, les réunions de bassin s’ajoutent aux temps de formation). Les collègues, quelle que soit leur discipline, 2016-2017peuvent donner leur avis sur la formation.

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 Création d’un collectif SNES-FSU Paris-Créteil-Versailles de professeurs documentalistes 

Les trois sections SNES-FSU des académies franciliennes vont mettre en place à la rentrée 2017 un collectif de professeurs documentalistes. Par des échanges réguliers, sous différentes formes, il s’agit de faire vivre la réflexion collective autour du métier de professeur documentaliste. Les collègues intéressés peuvent prendre contact avec la section académique par mail : s3ver@snes.edu

Un stage national aura lieu à Paris au premier trimestre.


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