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CTA : moyens pour la rentrée 2019 - lycée Blanquer - epass éducation

dimanche 20 janvier 2019
par  Snes S3 SV

Le Comité Techique Académique (CTA) réunit des représentants des personnels, désignés lors des élections professionnelles qui se sont déroulées en décembre 2018 et des représentants de l’Administration : Rectrice, Secrétaire général, Secrétaires généraux adjoints et Directeurs Académiques, ainsi que les services du Rectorat. Cette instance de dialogue social se prononce sur un certain nombre de sujets.

Déclaration préalable de la FSU : à lire ici

En préambule, la FSU, ainsi que d’autres organisations syndicales, a dénoncé la faiblesse des salaires des personnels de l’Education Nationale en pointant notamment le gel du point d’indice comme cause centrale dans le déclassement salarial des personnels. En guide de réponse, la Rectrice a déroulé les éléments de langage du Ministre en mettant en avant l’effort fait sur les HSA, qui représente « un gain individuel de pouvoir d’achat », ainsi que d’autres mesures comme la prime au mérite dans l’éducation prioritaire, ce qui lui a permis de conclure qu’’on ne peut pas considérer que rien n’est fait pour le pouvoir d’achat des profs ». Une analyse précise de la situation salariale des personnels, comme le fait le SNES-FSU montre qu’il n’en est rien salaire : la revalorisation est une urgence

 Moyens pour la rentrée 2019

Le SNES-FSU a très tôt dénonce la communication scandaleuse du Ministre qui, par une présentation mensongère des chiffres de la préparation de rentrée, laisse croire que les moyens sont relativement préservés CTM une caricature de dialogue social

Dans l’académie de Versailles, le SNES-FSU a été en mesure de démontrer, comme dans les autres académies, le tour de passe-passe qui était présenté :

  • l’administration affiche + 141 emplois, se vantant, dans un contexte contraint d’avoir préservé l’académie de Versailles
  • une partie de ces emplois ne sont pas des supports fixes sur lesquels pourraient être nommés des collègues, mais sont des heures supplémentaire, à hauteur de l’équivalent de 184 emplois.
  • en réalité, l’académie perd donc 43 emplois (141-184), alors même que les collèges et lycées vont accueillir 5676 élèves de plus !
    Le compte n’y est pas, après de nombreux échanges, l’administration a fini par reconnaître qu’il y aurait moins d’adultes dans les établissements....

Dans le détail les chiffres sont édifiants
- collèges : +4159 élèves par rapport au constat de rentrée 2018, -264 heures postes, +1324 HSA
Autrement dit, c’est l’équivalent de 9 nouveaux collèges dans l’académie qui ouvrent...sans profs !
- Lycées  : +1556 élèves par rapport au constat de rentrée 2018, -497 heures postes, + 1927 HSA.

La FSU a dénoncé la dégradation des conditions de travail et d’enseignement qui s’annonce. Alors que la charge de travail des enseignants est déjà très lourde (temps de travail estimé, en moyenne, à 42h53), laisser entendre qu’il serait encore possible d’alourdir cette charge de travail par davantage d’heures supplémentaires sonne comme une provocation.
Dans les prochains jours, les groupe de travail et CTSD se tiendront dans les départements. Il examineront les DGH de chaque établissement. Plus d’infos à venir. Contactez votre section départementale pour en savoir plus
snes78@versailles.snes.edu, snes91@versailles.snes.edu, snes92@versailles.snes.edu, snes95@versailles.snes.edu,

 Carte des spécialités – lycée Blanquer

La Rectrice a souligné l’existence d’une « carte riche et intelligente » mettant en avant des territoires préservés et même valorisés, par exemple à Mantes la Jolie ou Trappes.
Comme lors des deux groupes de travail qui avaient précédé, le SNES-FSU a montré que cette carte était en réalité la parfaite illustration de l’esprit du lycée Blanquer  : des inégalités qui subsistent, l’appauvrissement de la formation littéraire et artistique avec la disparition programmée des LCA, et des suppressions de spécialités artistiques.

La mise en réseau évoquée par l’Administration comme solution à tous les problèmes n’en est pas une : ce déplacement des élèves induit des contraintes très fortes (déplacement, organisation des emplois du temps etc.) qui seront difficile, voire impossible à surmonter. Il est d’ailleurs révélateur que les exemples utilisés par l’Administration pour illustrer la pertinence des réseaux soient ceux de lycées proches (réseau lycée Monge et Corot à Savigny, lycée Claudel/Poincaré à Palaiseau), alors même que d’autres situations plus complexes apparaissent.

Autre facteur potentiel de désorganisation des lycées, la mise en place des spécialités en 1ère ! Le SNES-FSU a demandé si des menus pré-établis devaient être proposés : il n’en est rien, mais le Rectorat mettra à disposition des équipes de direction des outils pour faire correspondre les vœux et la réalité, donc pas de menus, mais de là à croire que le « lycée des possibles » n’est qu’un slogan creux et vide de sens…

La principale incertitude repose sur les moyens mis en œuvre pour assurer cette carte. Le Rectorat reconnaît sans peine que la carte est une sorte de grand permis de construire, mais qu’il reste justement à positionner les groupes...ou pas. Ainsi le Rectorat se refuse à déterminer toute indication de seuil d’ouverture et renvoie tout au local. Le SNES-FSU a dénoncé le caractère inégalitaire de cette situation : à quelques kilomètres, on pourrait ainsi avoir deux lycées, un qui ouvre un groupe de spécialité à 18 élèves et l’autre non !

Il a été confirmé que les établissements seraient dotés sur la base de 3 spécialités par division, l’ouverture de groupes supplémentaires étant renvoyée vers la marge. On notera l’une des deux seules remarques de l’UNSA, lors de ce CTA fleuve de plus de 6h30, qui ne voit pas d’inconvénient à faire des cours de SES à un groupe de 70 élèves…. !
Plus d’informations dans le dossier lycée publié ce week-end sur le site

Vote sur la carte des spécialités
Pour : 0
Contre : 7 (FSU, CGT, FO)
Abstention 3 (SGEN, UNSA, SNALC)

Carte spécialités rentrée 2019

 L’affaire du E-Pass Education

La FSU a aussi questionné le Rectorat sur l’affaire « epass éducation » : un site internet proposant la dématérialisation du pass éducation, à grand renfort de communication sur les boites mail académiques en septembre, qui utilise le logo de l’académie de Versailles, mais dont l’objet (un epass éducation) n’a, en réalité, pas été validé par le Rectorat.

Le SNES-FSU a mis en avant les manquements graves révélés à cette occasion : utilisation des listes mails académiques, collecte de données personnelles, utilisation abusive des logos officiels qui ont contribué à duper les personnels, absence de communication claire du Rectorat en dehors d’un message sur Twitter etc. Le SNES-FSU a demandé qu’une communication claire soit rapidement faite aux personnels.

Le responsable RGPD de l’académie a suivi ce dossier : il reconnaît que les choses ont un peu échappé à l’académie, même si l’association est effectivement engagée de longue date avec le Rectorat pour un travail sur la dématérialisation du pass éducation.
Le Secrétaire général a jugé la situation peu satisfaisante et des démarches sont engagées auprès de l’association afin que les choses soient régularisées au plus vite. En ce qui concerne la collecte des données personnelles, le responsable RGPD assure que dès lors que ces données ne sont pas détournées de l’objectif initial, l’association reste dans les clous de la légalité.

Si le SNES-FSU a pris acte des informations transmises qui permettent de comprendre comment une telle situation a pu se produire, il a exigé que des réponses soient rapidement apportées aux personnels (communication dans les établissements dès la semaine prochaine) et que tout soit fait rapidement pour que le site ne puisse plus tromper les collègues.

  « Le choix de l’école » ou la sous-traitance du recrutement

La FSU a également interpellé la Rectrice sur la convention passée avec l’association ’le choix de l’école’, nouveau nom de la tristement célèbre association Teach For France qui sévissait jusqu’ici dans l’académie de Créteil. Cette association repère des jeunes, diplômés de grandes écoles, et leur propose de devenir enseignant dans les collèges de l’Education Prioritaire. Ils signent un contrat avec le Rectorat, mais la formation et le suivi sont assurés par l’association. Une forme de sous-traitance du recrutement dans un contexte de crise du recrutement avéré, tout en ciblant l’éducation prioritaire pour mieux instaurer une école à deux vitesses. La Rectorat assume complètement en rappelant qu’une convention a été passée avec l’association et que tout ceci, notamment le suivi et la formation, se fait sous le contrôle des IPR….réponse bien peu convaincante quand il s’agit de parler de l’avenir du service public d’éducation !

La délégation FSU] : Patricia Braive (SNICS-FSU), Sylvie Donné-Lacouture (SNASUB-FSU), Martine Dupré-Félix (Snuipp-FSU), Pascal Houdu (Snuipp-FSU), Olivier Guyon (SNUEP-FSU), Bruno Maréchal (SNEP-FSU), Antoine Tardy (SNES-FSU) et Sophie Vénétitay (SNES-FSU)


Documents joints

Déclaration préalable FSU CTA janvier 2019