VAL D’OISE : Les précisions des IA-IPR pour l’épreuve écrite d’histoire géographie en Terminale S, très mal accueillies au lycée Montesquieu d’Herblay

vendredi 26 juin 2015
par Snes S2 Val d’Oise

Quelques jours avant les épreuves d’histoire-géographie du bac 2015, les IA-IPR de la discipline ont affiché sur le site disciplinaire de l’académie de Versailles les consignes de correction de la hiérarchie pour la série scientifique.

Formellement, il s’agissait de mettre à distance la plupart des attendus méthodologiques et de contenu exigibles d’un élève de terminale (par exemple, une introduction de composition ne doit comporter ni annonce de plan ni problématique ; il n’est pas nécessaire d’avoir un plan construit, un enchaînement de paragraphe étant suffisant ; pour une composition de géographie un schéma peut se substituer à un paragraphe etc.).

Rendues publiques, ces consignes ont fait l’objet d’un buzz médiatique assez limité, mais qui a entraîné le retrait de l’article, puis son remplacement sur le site par la simple citation des instructions publiées au BO.

Au-delà deux remarques s’imposent : d’une part, l’inspection régionale se sent suffisamment sûre de sa position pour publier des consignes qui jusque-là n’étaient données aux correcteurs qu’à l’oral ; d’autre part, la révélation des dites consignes apparaît comme suffisamment inacceptable dans une part de l’opinion pour qu’elle provoque des réactions légitiment indignées. Si on pousse le raisonnement plus loin, cela témoigne d’une volonté désormais assumée de ne plus exiger des élèves une véritable réflexion sur l’espace et le temps qui fondent nos société et donc la construction argumentée d’une opinion de citoyens éclairés. Reste alors un catéchisme informe en apparence, en conformité avec le projet néolibéral d’une école chargée de nourrir l’économie de la connaissance en individus employables, mais sans recul critique et donc aisément manipulables et soumis. Une école non plus émancipatrice par le savoir, mais tournée vers l’utilitarisme et la reproduction sociale.

Pour beaucoup de collègues, c’est une remise en cause des fondements mêmes de la démocratie en même temps qu’une attaque contre la culture professionnelle des enseignants du second degré. Toute chose étant égale par ailleurs, la mobilisation contre la réforme du collège s’inscrit dans le même refus des enseignants de perdre leur rôle de concepteurs des savoirs. Derrière des réformes qui se succèdent à un rythme effréné il y a bel et bien une logique cohérente à l’œuvre.

C’est dans ce contexte que s’inscrit la réponse des professeurs d’histoire-géographie du lycée d’Herblay.


Documents joints

Lettre des professeurs d'histoire géographie (...)
Lettre des professeurs d'histoire géographie (...)

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