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Hors-classe des agrégés : GT du 11 avril 2014

Paritarisme bafoué et arbitraire assumé ! Les masques tombent...
vendredi 25 avril 2014
par  Snes S3 MRP

Depuis deux ans, le rectorat ne cessait de vouloir réduire le nombre de groupes de travail (GT) de hors-classe des agrégés, prétextant une perte de temps, jugeant inutiles des discussions sur des dossiers ayant déjà fait l’objet d’une évaluation par les experts que sont les chefs d’établissement (CE) et les IPR et qui, de ce fait, n’a pas à être contestée.

Il a fait mieux. Véritable coup de force, il a vidé de sa substance le premier GT du 11 avril et, dans la foulée, a annoncé qu’il n’y aurait pas de deuxième GT le 30 avril alors que cette deuxième réunion préparatoire avait été fixée lors de la discussion du calendrier rectoral en début d’année scolaire.

 TABOUS

Le 11 avril en effet, le secrétaire général exposait une méthode dite de « travail » qui n’était qu’une suite d’interdictions. Il n’était pas question de parler

  • des avis CE et IPR ;
  • des dégradations d’avis ;
  • des dossiers du 10ème échelon qui n’avaient pas déjà obtenu deux avis « Très Favorable » (TF) ;
  • des avis défavorables.

C’était vider le GT de tout son contenu comme on peut en juger par les quelques exemples suivants.

 AVIS DES IPR

Comme chaque année, les avis qui, selon la note de service, doivent être « en cohérence avec la notation » montrent des contradictions.

  • Histoire-géographie : avis TF avec une note de 50 et avis « Favorable » (F) avec 56 ;
  • Mathématiques : avis TF avec 50 mais F avec 59 ;
  • Economie-Gestion : avis TF avec 53 mais F avec 56, tout comme avec 45...

Qu’à cela ne tienne, il ne fallait pas discuter les avis réputés infaillibles ni dénoncer les inégalités devant l’inspection et ses rythmes, certaines remontent à 1994... mais les IPR connaissent parfaitement les collègues.

 AVIS DES CHEFS D’ETABLISSEMENT

Les chefs d’établissement peuvent porter des avis TF dans la limite de 20% des promouvables, c’est à dire des agrégés du 7ème au 11ème échelon de leur établissement. Dans tous les établissements dont les noms suivent, et la liste est très loin d’être exhaustive, aucun agrégé n’a été jugé digne de cet avis dont le Recteur faisait un préalable à l’attribution de la bonification de 90 points correspondant à l’avis « Exceptionnel ».

  • Lycée Auguste Renoir (Asnières) : 22 promouvables, 0 TF
  • Lycée Saint-Exupéry (Mantes) : 17 promouvables, 0 TF
  • Lycée Jean Jaurès (Argenteuil) : 15 promouvables, 0 TF
  • Lycée Parc de Vilgénis (Massy) : 30 promouvables, 0 TF
  • Lycée Robert Doisneau (Corbeil) : 29 promouvables, 0 TF

 DEGRADATIONS D’AVIS

Procéder à la dégradation d’avis TF est commode, car l’avis F est le seul à ne pas être nécessairement motivé. Ainsi, une collègue de SES, note pédagogique de 60, voit l’avis IPR passer de TF à F, sans nouvelle inspection, sans explication.

Mais il arrive que les évaluateurs motivent leur avis sans y être obligés. Voici quelques appréciations censées motiver une dégradation d’avis de TF à F.

  • « Madame X est une excellente enseignante, très rigoureuse et très fiable, […] très impliquée, avec une grande efficacité ».
  • « Professeur très expérimenté qui s’investit pleinement pour la réussite et le devenir de ses élèves ».
  • « Madame X est une enseignante excellente, dynamique et motivante pour ses élèves. Elle met toute son expérience au service de la réussite et s’investit sans compter dans la vie et les projets du lycée ».

Et que dire d’un avis CE qui passe de Favorable à Réservé avec cette motivation : « Avis conforme aux corps d’inspection » alors que l’avis IPR est le même que l’an dernier et que la collègue n’a pas été inspectée depuis 2006 ?

 LES AVIS DEFAVORABLES

Ils ont toujours été discutés dans le passé et chaque année les commissaires paritaires du SNES ont réussi à en faire lever quelques-uns. L’avis Défavorable porté cette année aura toutes les chances d’être reconduit par la suite, alors que l’an dernier un avis Défavorable motivé par un congé de longue maladie avait été levé. Cette année, une motivation d’avis Défavorable commence comme l’an dernier par « Nouvellement arrivé dans l’établissement... ». Corriger ce genre d’injustice est devenu interdit.

 LA NOUVEAUTE 2014 : LE VRAI-FAUX AVIS FAVORABLE

Sur les dossiers d’une douzaine de collègues au 11è échelon, l’Inspection qui ne voulait absolument pas les retenir, avait porté « par défaut » un avis F pour « ne pas faire de peine aux intéressés ». Derrière l’avis F, les collègues devaient lire (mais comment ?), un avis Réservé... Ces exclusions honteuses frappaient des collèges ayant progressé au grand choix avec une note pédagogique de 60, des collègues ayant accédé au corps des agrégés par liste d’aptitude. Le Snes a demandé que l’avis réel de l’inspection soit porté et que ces dossiers fassent l’objet d’un examen approfondi et contradictoire en GT et non d’un simple survol comme cela venait d’être le cas. Les avis devraient être modifiés, mais, une fois de plus, l’examen des dossiers nous a été refusé.

Pour conclure, alors qu’il y a 2930 candidats, nous n’étions autorisés à examiner que 10 dossiers.

Cette offensive contre nos carrières intervient alors que la nouvelle circulaire avance l’idée d’un « accès légitime » à la hors-classe et que le nouveau décret sur les statuts proclame que « Tous les enseignants du second degré ont vocation à atteindre la hors-classe en fin de carrière ». Le Recteur de Versailles fait le choix de l’opacité et de l’arbitraire.

Depuis 2005, grâce à nos interventions et notre connaissance des dossiers, grâce à notre ténacité, nous avons obtenu que la très grande majorité des collègues au 11ème échelon se voient attribuer l’avis Exceptionnel qui leur donne les meilleures chances d’être promus en CAPN. Nous n’acceptons pas que les collègues à un échelon et une ancienneté utiles en cas de promotion au 10ème comme au 11ème se voient soumis à un arbitraire des avis que nous ne connaissons que trop bien et que nous avons pu corriger dans le passé.

Devant de telles conditions qui rendent impossible l’exercice du paritarisme et transforment cette instance en une chambre d’enregistrement, les élus du SNES ont été à l’initiative d’une protestation unanime des organisations syndicales représentées et de la définition d’une autre méthode qui préserve les collègues de toute appréciation arbitraire de leur carrière et de leur travail. Face au refus obstiné de l’administration, ils n’ont pas voulu cautionner par leur présence l’élaboration de la liste rectorale et le GT n’a pu se dérouler. Ils ont demandé une audience au recteur (absent), et s’efforcent, en préservant l’unité syndicale, d’obtenir un nouveau GT le 30 avril qui permette en toute transparence, l’examen des candidatures.