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CTPD Mesures de Cartes Scolaires toujours plus de suppressions de postes

dimanche 29 mars 2009
par  Snes S2 Val d’Oise

Le Comité technique paritaire départemental du Val d’Oise était réuni jeudi 26 mars 2009 pour travailler sur les créations et suppressions de postes du second degré dans le département.
Les mesures concernant les postes à la rentrée prochaine se traduisent par la suppression de 75 postes vacants en lycée et 57 en collèges (en général des départ à la retraite), et de 44 postes occupés en lycées et 56 en collèges. Le total des créations est de 33 en lycées et 51 en collèges. Ce seront donc 148 enseignants de moins l’an prochain dans les lycées et collèges du département et 100 mesures de cartes scolaire.

Nous sommes intervenus dans un certain nombre de cas pour demander la transformation de blocs d’HSA trop importants en BMP, voire en créations de postes ou suppressions de mesures cartes scolaires. Cependant, consigne a été donnée cette année par le Recteur de l’Académie de Versailles de ne pas nous transmettre les TRMD, et, concrètement, nous n’avons pu intervenir qu’au sujet des établissements affectés par les mesures de suppression et/ou créations de postes. Impossible donc, malgré la volonté affichée du nouvel Inspecteur d’Académie, M. Brison, de respecter les règles du paritarisme et de travailler dans la plus grande transparence possible, d’examiner la situation de ces établissements, et donc d’y proposer des créations de postes ou des BMP. Il s’agit là d’une nouvelle atteinte au paritarisme et donc à la transparence des opérations touchant à notre profession, aux conditions de travail des collègues et, partant, de celles de nos élèves. Nous avons fermement dénoncé cet état de fait, dont une des conséquences a été aussi d’alourdir la tâche des gestionnaires de l’IA.

La baisse démographique invoquée comme cause principale des suppressions de postes est un faux argument. L’administration part du principe que la situation dans les classes est idéale, alors que la réalité quotidienne du terrain montre des effectifs trop lourds pour des conditions correctes d’enseignement et d’apprentissage. Ainsi, cette baisse pourrait être, devrait être, une chance à saisir pour améliorer, au contraire, le travail des profs et de leur élèves. D’autant que cette baisse est toute relative (- 18 élèves environ par lycée en moyenne) et provisoire : les effectifs s’étofferont de nouveau dès la rentrée de 2010, aux dires mêmes de l’Administration. Et on peut légitimement douter, dans le cadre de la politique gouvernementale actuelle, que les postes supprimés au titre de la « baisse démographique » soient recréés à l’occasion de la hausse attendue. Quant aux besoins, ils continent d’exister, et sont couverts par le biais des HSA, c’est-à-dire une charge de travail accrue pour les enseignants, un nombre moindre d’adultes dans les établissements, un recrutement en baisse.

Dans certaines disciplines, comme l’allemand ou la gestion, la situation des collègues va devenir encore plus tendue : élargissement des ZR à tout le département dans un cas, absence de postes vacants dans l’autre. L’administration s’est déclarée dans l’incapacité de nous « rassurer » quant au devenir des collègues. La physique-chimie, les maths, les lettres figurent aussi parmi les matières les plus touchées.

Le refus par les collègues, collectivement si possible, de toute HSA au-delà de la première dite « imposable », la prise en compte, en lycée, de la première chaire comme abattement de service et non comme une heure supplémentaire deviennent d’autant plus indispensables pour enrayer la saignée. Nous l’avons constaté : les établissements qui refusent les HSA sont parmi les moins touchés par les cartes scolaires. Inversement, ceux qui « absorbent » les HSA s’en voient attribuer encore plus.

Autre conséquence nuisible de cette politique : les jeunes professeurs, dont le poste est supprimé n’ont parfois comme horizon que de devenir TZR ou de prendre n’importe quelle affectation (parfois très loin de leur poste précédent). En outre les suppressions ne touchent pas que les collègues en poste et peuvent aussi contraindre les TZR à l’affectation dans une autre zone de remplacement.

Défense de l’emploi public, de la qualité du service public d’Éducation, de nos conditions de travail et de vie sont des impératifs. Remplacer ceux qui partent par ceux qui restent n’est pas une solution. Redonner à l’Éducation Nationale sa place de priorité nationale est plus que jamais vital.