Quantcast

Suppressions de postes, s’informer, se mobiliser : communiqué, intox/désintox, actions

lundi 1er octobre 2018
par  Snes S3 SV

L’annonce est brutale et devient une marque de fabrique de ce gouvernement : Jean-Michel Blanquer a confirmé que l’Éducation Nationale n’échapperait pas à la purge annoncée dans les effectifs de la Fonction Publique. S’inscrivant dans la droite lignée des mesures sarkozystes, il annonce la suppression de 2600 postes dans le second degré à la prochaine rentrée. Les conséquences sont prévisibles : dégradation des conditions de travail, augmentation des effectifs dans les classes, alors qu’elles sont déjà pleines à craquer ! Collèges, lycées, nous sommes tous concernés, la mobilisation s’impose ! A l’initiative du SNES-FSU, une intersyndicale éducation se réunit mardi 25 septembre, la FCPE a également été contactée. Ci-dessous quelques éléments pour informer et mobiliser dans les établissements, l’article sera régulièrement mis à jour

- Communiqué de presse du SNES-FSU : 2600 suppressions de postes dans le second degré, c’est non !
- Faites-vous entendre : Suppressions de postes, je dis non !

Les intox du gouvernement
Pour tenter de justifier l’injustifiable, le gouvernement n’hésite pas à user et abuser de contre-vérités. Les éléments de langage du gouvernement ne résistent pas bien longtemps à la confrontation avec le réel.
- l’argument de la baisse démographique
Olivier Dussopt, secrétaire d’État en charge de la Fonction Publique : « Il y a un choix qui est fait de mettre des moyens sur l’éducation nationale et de tenir à la fois compte de la démographie scolaire, qui se traduit par une diminution des effectifs notamment dans le secondaire et de réorganiser l’administration. » FAUX
— > En cette rentrée, 26000 élèves supplémentaires sont arrivés dans les collèges et lycées.
A la prochaine rentrée, ce sont près de 32 000 élèves supplémentaires qui sont attendus dans le Second degré. Et l’augmentation des effectifs va continuer : de 2006 à 2012, la France a connu un nouveau « baby boom » avec plus de 800 000 naissances par an, soit davantage que le baby-boom des années 2000 déjà bien mal anticipé par les gouvernements successifs. La première cohorte est aujourd’hui en 5e et jusqu’en 2023, le collège va donc voir ses effectifs augmenter. Quant au lycée, il va voir ses effectifs exploser à partir de 2021, avec l’arrivée de la génération 2006.
Ne pas prendre la mesure cette augmentation des effectifs largement prévisible relève d’une forme de faute politique et d’une provocation envers les personnels et les familles

- La réforme du lycée montre son vrai visage
Jean-Michel Blanquer, Ministre de l’Éducation Nationale « Notre réforme du lycée va nous permettre d’avoir des classes de 25 élèves et pas 35. Nous n’aurons plus des séries littéraires à 15 élèves, et de l’autre côté, des classes scientifiques à 35. Avec les cours communs qui occuperont la moitié du temps des élèves, ces derniers seront mieux répartis ».
Au-delà de la contre vérité sur le nombre d’élèves par classe en série L, Jean-Michel Blanquer dévoile donc, pour qui en doutait encore, le réel objectif de la réforme du lycée. Regrouper les élèves au sein d’un tronc commun, ce qui permet de faire des économies évidentes en plaçant des élèves dans des divisions de 35 élèves (ou plus) quelle que soient les spécialités. Ajouté à la logique de réseau qui semble prévaloir dans l’organisation des enseignements de spécialité, le vrai visage de la réforme du lycée apparaît : une réforme à la fois budgétaire et idéologique.

- Le retour du « travailler plus pour gagner plus »
Jean-Michel Blanquer, Ministre de l’Education Nationale « Le volume d’enseignement sera évidemment maintenu à travers le recours aux heures supplémentaires », le Ministre ajoutant la possibilité d’imposer une 2e heure supplémentaire aux enseignants du 2d degré.
Le Ministre de l’Education Nationale s’inscrit ainsi dans la droite lignée de la politique sarkozyste qui consistait à valoriser le "travailler plus pour gagner plus », ce qui n’est pas si étonnant quand on se rappelle que Jean-Michel Blanquer était le directeur de la DGESCO, donc le numéro deux du Ministère durant cette période. Mais le « travailler plus pour gagner plus » est aux antipodes des réalités de l’éducation nationale  : le recours aux HSA n’est qu’un leurre de rémunération supplémentaire. Et surtout, c’est méconnaître profondément la réalité du temps de travail des enseignants que de croire que le recours aux HSA sera aisé : selon une enquête de la DEPP, et comme l’a montré le SNES-FSU, les personnels travaillent déjà près de 42h53 par semaine. Prétendre vouloir encore alourdir la charge de travail est insultant ! Une réelle revalorisation passe notamment par le dégel du point d’indice