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Compte rendu CTA du lundi 9 mars : moyens non enseignants et CPE... qui a parlé de priorité à l’Education ?

mardi 10 mars 2015
par  Snes S3 MBV

Le CTA du lundi 9 mars a eu pour ordre du jour la répartition des moyens non enseignants (services administratif, social et infirmier) et CPE.

Vous trouverez la déclaration préalable de la FSU => ici

  Moyens CPE : 1 CPE en plus 2350 élèves en plus... qui parle de priorité à l’Education ?

Avec 4700 élèves en plus par rapport aux prévisions et 3900 par rapport aux constats, les 2 emplois octroyés à l’académie de Versailles représentent seulement 1 CPE en plus pour 2350 élèves en plus ou 1 CPE pour 1850 élèves en plus, selon la référence choisie, dans une académie qui voit, en lien avec la hausse des effectifs, de nouveaux établissements se créer et qui est confrontée depuis une dizaine d’année au tarissement de son potentiel de remplacement.

département évolution effectif emploi supplémentaire
Yvelines +723 0
Essonne +1343 +1
Hauts de Seine +892 +1
Val d’Oise +1580 0

La répartition opérée par le Rectorat a eu pour but de tenter d’atténuer les écarts de dotation entre départements.

Cette indigence des moyens CPE mise en regard avec l’évolution des besoins amène à s’interroger sur l’avenir de la vie scolaire et de ses modes de fonctionnement. Le coordinateur de niveau d’enseignement, nouvel avatar du préfet des études, créé ex abrupto dans la circulaire sur les IMP se voit doter de compétences d’un CPE dont il n’a ni l’expertise ni la formation ni les conditions de service pour les exercer : faire le lien avec les équipes pédagogiques et le professeur principal pour le suivi des élèves, surveiller le décrochage, etc

Le SNES et la FSU ont réaffirmé la place et le respect indispensables des missions et des qualifications des CPE pour le bon fonctionnement des établissements et la réussite des élèves. C’est pourquoi, ils s’opposent à la création des fonctions de coordinateur de niveau d’enseignement et exigent des créations d’emplois et de postes à la hauteur des besoins, soit 1 cpe pour 250 élèves dans les établissements.

  Services sociaux et infirmiers : des objectifs louables sans les moyens = des conditions de travail dégradées et des équipes fragilisées dans les établissements

De façon encore plus frappante que pour les moyens enseignants, les moyens non enseignants, dans un contexte de forte montée des effectifs, sont marquées par les conséquences de la politique de l’austérité et les insuffisances des créations des emplois. Alors que le Gouvernement réaffirme que la lutte contre les inégalités que sa politique et la crise aggravent est une priorité et que l’Ecole est le lieu privilégié de l’éducation à la citoyenneté, les services sociaux et infirmiers, qualifiés pour y participer, sont fragilisés.

L’académie (+4700 élèves dans le Second degré par rapport aux prévisions à la rentrée 2015, + 3900 par rapport aux constats) n’obtient que 4 créations d’emplois supplémentaires d’assistant(e) social et 4 d’infirmier(e). A cela s’ajoute l’extension des missions des services sociaux et infirmiers sommés sans moyens supplémentaires d’intervenir dans le 1er degré. Si l’intervention dans le 1er degré est légitime, cela demande d’y affecter les moyens nécessaires en terme de créations d’emploi et de recrutement. En l’état, redéployer les moyens insuffisants ne fait qu’éparpiller, au prix d’un alourdissement de la charge de travail des personnels concernés, les forces des équipes pluri professionnelles déjà mises à mal dans les établissements scolaires du secondaire par les suppressions d’emplois de l’ère Sarkozy et cela ne permet pas d’apporter un accompagnement social de qualité aux élèves et aux familles en difficultés sociales, familiales et éducatives dans le premier degré.

Les emplois supplémentaires ne sont donc pas de nature de répondre aux besoins. Leur répartition par le rectorat sert tout juste à corriger à la marge des déséquilibres de dotation entre départements :

emplois supplémentaires Yvelines Essonne Hauts de Seine Val d’Oise
Service social 0 +2 0 +2
Service infirmier 0 +3 0 +1

Beaucoup d’établissements, à cause de cette pénurie de moyens, vont subir des suppressions de demi poste à la rentrée pour faire face à la hausse des effectifs, plus forte, dans d’autres établissements et à l’élargissement des champs d’intervention des services sociaux et infirmiers.

 Services administratifs : 7 créations d’emplois, insuffisantes, qui ne se traduisent dans la réalité par aucun moyen nouveau sur le terrain

Les 14 emplois administratifs créés dans l’académie de Versailles depuis la rentrée 2013 sont non seulement loin de compenser les suppressions de période 2008-2012 et de couvrir la hausse des besoins résultant de l’ouverture de nouveaux établissements dans l’académie mais ils ont la particularité d’être virtuels. En effet, parce que l’académie et les établissements ne peuvent fonctionner sans personnels administratifs, le plafond d’emplois est dépassé et financé par le budget remplacement des personnels enseignants du Second degré.

Les créations d’emplois relèvent ainsi d’une régularisation budgétaire très progressive puisqu’en l’état elles ne compensent que 5% du dépassement du plafond d’emplois, alors que les collègues des services administratifs sont confrontés comme les personnels enseignants et d’éducation à un alourdissement de la charge de travail.

  9 avril, une journée déterminante, pour exiger une autre politique pour les services publics, nos salaires et nos conditions de travail

Pour la FSU, il est urgent de mettre en place dans l’Education une politique qui se traduise par la reconnaissance et la revalorisation globale des personnels et de leurs métiers ainsi que l’octroi de moyens substantiels du Service public d’Education, lui permettant d’assurer l’ensemble de ses missions et de faire réussir les jeunes sur tous les territoires.

Cette nécessité pose celle du changement radical de politique se traduisant par l’abandon de l’austérité et de la remise en cause des protections et des garanties collectives dont les effets ravageurs sur le plan démocratique, économique et social sont de plus dénoncés, au profit d’une politique de croissance, de créations d’emplois et de justice sociale, faisant notamment du SPE une véritable et concrète priorité nationale et républicaine.

C’est pourquoi, la FSU, avec la CGT, FO et Solidaires, s’engage dans un processus de mobilisation de l’ensemble des salariés pour créer les conditions d’un rapport de force unitaire et obtenir un changement de cap. Elle appelle, tous les personnels de l’Education nationale, à faire de la journée de grève et de manifestation le 9 avril une réussite.


Documents joints

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