Snes Versailles infos n°25 : Dans les s1 face aux coups de force, riposter ensemble

mercredi 15 juin 2011
par  Snes S3 SV

Les dégâts provoqués dans les établissements par la politique éducative et budgétaire du Gouvernement qui a fait le choix de durcir ses orientations, en dépit du rejet qu’elles suscitent, ne cessent de s’accroître et vont s’aggraver à la rentrée 2011 : fragilisation des équipes pédagogiques par les suppressions de poste, l’inflation des heures supplémentaires et la mise en concurrence des disciplines pour obtenir les heures non affectées (réforme des lycées et des STI), multiplication des prescriptions et des tâches alourdissant notre charge de travail et dénaturant nos métiers (livret personnel de compétences, orientation…), renforcement du renvoi au local pour imposer une flexibilité des services sur fonds de pénurie des moyens et battre en brèche statuts et qualifications (Enseignement Intégré des sciences et techniques, annualisation et semestrialisation…)

Les mesures multipliant les dispositifs de déréglementation, décrétées sans concertation ni bilan, s’accélèrent : Ecole du Socle, ECLAIR, internat d’excellence… Mettant à nu la logique du socle commun, elles creusent encore plus profondément le sillon d’un modèle d’Ecole régressif et ségrégatif triant les élèves, au nom d’une idéologie des talents naturels, entre ceux à qui l’on réserve des « parcours d’excellence » et ceux dont on prépare l’éviction précoce du système éducatif en les cantonnant à l’acquisition des savoirs appauvris et utilitaristes du socle. Transposant les méthodes du management à l’Ecole, elles reformatent complètement nos métiers par le renforcement exorbitant des pouvoirs des chefs d’établissement (recrutement local, définition des conditions d’exercice sur la base de lettre de mission…), par l’institution de la polyvalence (professeur des Ecoles appelés pour enseigner dans le second degré, bivalence des certifiés et des agrégés…) et par la création de nouvelles fonctions (préfet des études) échappant à tout cadre réglementaire au détriment de métiers reconnus et qualifiés (CPE).

Confronté au rejet de sa politique, L. Chatel veut faire croire aux parents d’élèves que jamais l’Ecole n’aurait eu autant de moyens, prenant sans vergogne comme référence une période où le second degré français accusait un retard considérable par rapport aux autres pays développés et passant sous silence la baisse continue de la dépense intérieure pour l’Education depuis dix ans. Face aux personnels, les réflexes autoritaires et la fuite en avant du pouvoir deviennent un moyen de pilotage : politique du déni, contournement systématique des instances élues, refus de solliciter l’avis des personnels, inscription autoritaire dans les classements (ECLAIR) et les expérimentations (Ecole du socle, EIST…)…

Le rôle du SNES et de la FSU est de poursuivre, avec les personnels et les parents d’élèves, la mobilisation pour exiger une autre politique éducative et budgétaire. Dans la continuité du mouvement amorcé en janvier, des initiatives fortes au mois de mai, rassemblant 1er et 2nd degré, enseignants et parents d’élèves, pour refuser les conditions de rentrée ont eu lieu à l’appel du SNES et de la FSU qui ont recherché chaque fois que possible le cadre le plus unitaire : journée de grève et de manifestation à Argenteuil, Cergy, Gonesse le 12 mai, rassemblement à Nanterre de plusieurs centaines de personnes le 11 mai…

La contestation de la politique du Gouvernement et de ses ravages doivent se renforcer en faisant, en particulier des établissements le pivot de celle-ci en cette fin d’année. C’est, en effet, par le local, sous couvert d’autonomie des établissements, que Ministre et Recteur veulent organiser les dégradations inscrites dans leur politique. Pour les mettre en échec, le SNES appelle à organiser collectivement :
Le refus des heures supplémentaires pour obtenir la recréation des emplois en signant la lettre-pétition
La poursuite de la campagne contre le livret personnel de compétences
Le refus du tutorat des stagiaires qui permet d’avaliser la suppression de toute formation et de la décharge de service
La signature de la pétition contre le classement Eclair, machine de guerre contre le service public d’Education et l’Education prioritaire

Vous trouverez dans cette publication en complément du courrier de S1 n°6 du 14 mai, outils et informations pour la préparation de ces actions. N’hésitez pas à contacter les militants de vos sections académique et départementales.

Les militants de la section académique et des sections départementales

La publication complète en pièce jointe


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