Important ! Pour nous aider aider à intervenir auprès de la Rectrice et en CIEN en faisant remonter les situations de terrain, répondez au plus vite et avant le 17 septembre à notre enquête flash sur les manuels de lycée et les ressources numériques !
La politique numérique de la région Île-de-France qui se déploie depuis plusieurs années nuit à la liberté pédagogique et a des conséquences négatives au quotidien
A la rentrée 2025, en voici les effets :
- Absence de financement fléchés pour les manuels papier, pour les lycées qui les ont choisis.
- Réduction du budget dédié aux ressources numériques, qui comprend aussi les manuels numériques des éditeurs, ce qui contraint les établissements soit à financer sur leurs fonds propres le renouvellement des licences, soit à y renoncer
- Développement de « manuels libres » mais chapeautés par les inspections pédagogiques sur la plateforme Pearltrees, dont l’ergonomie et le contenu posent de nombreux problèmes.
Une politique budgétaire qui remet en cause la liberté de choix des manuels et ressources
La fin du financement fléché des manuels papier
En 2019, les équipes pédagogiques devaient choisir soit des manuels papier, soit des manuels numériques.
Par sa volonté d’imposer le recours exclusifs aux manuels numériques, la Région ne finance plus le renouvellement des manuels papier, grâce à un budget fléché. Cette politique impose donc des pratiques pédagogiques contestables, tant les recherches démontrent les effets bénéfiques de la lecture sur des supports papiers par rapport au numérique.
Une réduction des budgets dont le but est de remettre en cause le libre choix des manuels numériques
Au-delà des aspect matériels (ordinateurs distribués par la Région défaillants notamment), en cette rentrée, impose indirectement aux équipes de renoncer aux manuels numériques qu’elles avaient choisis.
En effet, selon des critères peu transparents, les budgets consacrés aux ressources numériques ont fortement baissé. Or, ces derniers comprennent aussi le financement des licences des manuels. Ainsi, dans certains établissements, il n’est désormais possible de financer que deux manuels par élève !
Derrière cette politique, la volonté d’imposer des « manuels libres » chapeautés par la Région académique
Tout porte à croire que la région - même si elle ne l’annonce jamais tout à fait franchement et prétend laisser toute latitude aux établissements - veut orienter les collègues vers l’usage des dispositifs qu’elle a elle-même créés. En effet, en lien avec les inspections pédagogiques, la Région développe sur la plate-forme Pearltrees des manuels « granulaires ». En effet, en réduisant le financement des manuels, il s’agit indirectement de prendre le contrôle des pratiques pédagogiques et d’économiser massivement.
Dans les faits, il sera impossible de renouveler et remplacer les manuels numériques avec les fonds propres des établissements. Rappelons en effet, que la Région mène une politique globale de réduction des budgets des lycées et comprime les dotations. Pour des précisions sur ce point, vous pouvez lire notre article consacré au budget des lycées
Des manuels granulaires problématiques
Ces manuels sont en réalité des ressources labellisées par l’institution puisqu’ils sont coordonnés par l’inspection. De plus, leur ergonomie et leur contenu ne satisfont par les collègues. En effet, le contenu qui doit, certes, être enrichi progressivement, laisse perplexe, tant il est parfois pauvre, y compris d’un point de vue pédagogique. Ensuite, la plate-forme Pearltrees n’est pas adaptée pour une lecture pertinente des ressources. Ainsi, il est par exemple impossible d’afficher deux éléments en même temps et l’affichage donne l’impression d’une mosaïque éclatée.
La région s’enfonce dans le mensonge et le déni
Alors que le polémique enfle de plus en plus et le mécontentement des enseignants croit, qu’une tribune paraît dans Le Monde et que la presse s’empare de la question, la région se retrouve en difficulté. Elle a tenté de répondre aux critiques montantes par des dénégations qui confinent aux mensonges notamment dans un post sur X. Le SNES Versailles y répond point par point.
1. De manière spécieuse, elle prétend que « les lycées ont choisi entre le numérique et le papier » omettant le cas des lycées professionnels qui n’ont fait aucun choix en 2019 et dissimulant surtout le fait qu’il n’est possible de maintenir l’usage du manuel papier à terme, selon ses propres vœux.
2. Toujours dans un même registre elle soutient que la « Région ne supprimerait pas les manuels papier » car elle les aurait payés et que les « les lycée les conservent ». Certes ils les conservent encore car ils ont été achetés en 2019 et que les lycées ont pu renouveler les stocks jusqu’à présent, mais avec la fin de toute dotation, ils vont fatalement disparaitre et tout particulièrement lors des renouvellements de programme.
3. Les enseignants conserveraient « le choix de leur manuel numérique »... oui mais sans les dotations nécessaires à la hauteur. C’est bien là un faux choix, une fausse liberté avancée par la région.
Des choix que dénonce le SNES-FSU
Le SNES-FSU Versailles dénonce ces empiétements sur la liberté pédagogique. Il demande à la région de permettre à la liberté pédagogique des personnels de s’exercer librement en rétablissant la possibilité de choisir le manuel papier en lycée général, technologique et professionnel et en laissant les lycées qui feraient le choix du numérique, de déterminer librement la sélection des manuels avec les dotations qui y correspondent.
Le SNES-FSU Versailles agit et a fait une demande d’audience auprès de la rectrice de région et va interpeler la région lors du CIEN du 16 septembre sur sa politique inacceptable. A ce jour nous sommes toujours en l’attente de réponses.
