24 janvier 2025

Politique éducative

Rentrée 2025 dans l’académie : des avancées mais toujours insuffisantes

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Cet article sera régulièrement mis à jour, tout au long des opérations de préparation de la rentrée 2025, au niveau académique.

CSA académique du 24 janvier

Le CSA a examiné les moyens attribué à l’académie pour la rentrée 2025

255 postes en plus dans le second degré mais des reprises de moyens massives dans les Yvelines et les Hauts de Seine

Cette année, il est enfin tenu compte de manière significative de la croissance des effectifs qui se poursuit, avec 2286 élèves en plus à la rentrée 2025. Les créations de postes sont réparties de la manière suivante

  • + 64 postes pour les collèges. Une partie des postes sert à financer le « choc des savoirs »
  • + 100 ETP ou postes dans les lycées généraux et technologiques
  • + 83 dans les lycées professionnels
    Ces évolutions sont cependant insuffisantes pour combler le retard accumulé ces dernières années.
    Par ailleurs, les collèges des Yvelines et des Hauts de Seine subissent des pertes de moyens massives
    Se fondant sur la baisse du nombre d’élèves dans ces deux départements, l’administration retire donc des moyens. Cela se traduira par une dégradation des conditions d’enseignement et de nombreuses suppressions de postes.
    Les collèges des Yvelines perdent 660 heures poste et ceux des Hauts de Seine, 636. Cela correspond pour chaque département à une perte de 36 à 37 postes !
    Conséquences de l’application du choc des savoirs
    Des moyens sont rajoutés pour la mise en place des groupes de besoin en 6e et 5e. Le SNES-FSU a à nouveau rappelé son opposition à cette réforme, contre laquelle les collègues se sont massivement mobilisés
    Pour les 4e et 3e, les reculs du gouvernement entraînent uniquement la création d’heures de soutien. Cependant les moyens supplémentaires ne seront attribués qu’en fonction du nombre d’élèves de niveaux 1 et 2 aux évaluations, soit les plus fragiles. Cela signifie, que, comme pour les groupes de besoins, certains établissements ne recevront que très peu voire pas du tout de moyens supplémentaires. Il leur sera donc impossible de créer des groupes à effectifs réduits.
    Pour plus de détails sur l’évolution de la réforme, vous pouvez vous reporter à cet article
    Interrogations sur l’évolution des moyens dans les lycées généraux et technologiques
    La vigilance demeure concernant les effectifs en STMG, car ces derniers ont fortement augmenté, entraînant uen dégradation des conditions d’encadrement. Le SNES-FSU sera vigilant sur ce point pour la rentrée 2025 lorsque les situations seront examinés lors des instances départementales.
    Par ailleurs, en lycée général, la suppression des marges qualitatives l’an dernier, risque encore de poser des problèmes car les groupes de spécialités en plus, les dédoublements et les options sont désormais uniquement financés sur les marges réglementaires. Cela va imposer des choix cornéliens.

Confirmation des moyens supplémentaires pour le plan tranquilité scolaire

Les moyens supplémentaires en CPE pour certains établissements sont confirmés.

déclaration préalable de la FSU

Vous trouverez ci-dessous la déclaration préalable de la FSU

CSA académique du 10 décembre

plan tranquillité scolaire

Des moyens supplémentaires pour les vies scolaires ont été créés. Ils devraient être pérennisés à la rentrée 2025, avec la répartition suivante :

Cartes des langues et enseignements artistiques

Une politique volontariste sans réels moyens
Le Rectorat a beau jeu de se féliciter de la richesse de la carte des formations. En l’absence de moyens à la hauteur des ambitions, les langues à faible diffusion et les options artistiques sont clairement menacées. La mise en œuvre du « Choc des savoirs », avec la nécessité de prendre des moyens sur les marges de la DHG, a fragilisé les groupes de langues et parfois entraîné la fermeture de groupes. En lycée, les DHG contraintes et la réduction des marges hors DHG réglementaire produisent les mêmes effets.

Une évolution de la carte des langues au détriment de la diversité linguistique

Si le Rectorat affiche une politique volontariste de défense des langues autres que l’anglais et l’espagnol, les moyens ne suivent pas ! En conséquence, l’allemand est une nouvelle fois en danger, comme le montrent les fermetures de classes bilangues ou de LV2 en cinquième. Dans certains cas, le Rectorat a rejeté les demandes de fermetures, dans un but d’affichage uniquement. Cette évolution est d’autant plus problématique que l’assèchement de l’offre linguistique touche tout particulièrement des collèges en Éducation prioritaire, comme le montre l’exemple de Mantes-la-Jolie. Cependant, des ouvertures de groupes en langues à faible diffusion sont programmées.
En lycée, des ouvertures de DNL ont obtenu un avis favorable, pour beaucoup dans des disciplines autres que l’histoire-géographie.

Concurrence déloyale du privé
Dans un souci de transparence, l’académie publie la carte des langues par établissement, consultable via le lien suivant :
Carte interactive des langues proposées dans les établissements publics et privés
La carte montre le déséquilibre entre établissements privés et publics dans de nombreuses communes. Comment les établissements privés peuvent-ils proposer une telle diversité de langues quand les établissements publics sont contraints à faire des choix ? Une fois encore se pose la question des dotations accordées aux établissements privés qui semblent bénéficier de privilèges et de moyens supérieurs aux établissements publics.

Carte des enseignements de spécialité en lycée : les effets délétères de la réforme du lycée pour une énième fois confirmés !

Une évolution au détriment des spécialités littéraires et des LCA
Aucune spécialité LCA n’est réellement ouverte dans l’académie. Certaines spécialités sont maintenues mais il ne s’agit que d’un affichage. Comment pourrait-il en être autrement alors que le latin et le grec sont en voie de disparition au collège ?
De même, la spécialité HLP, déjà peu implantée par rapport aux autres spécialités, est fermée dans certains lycées ou bien est uniquement maintenue sur le papier dans d’autres.
La réforme du lycée et Parcoursup, conduisent, de l’aveu même de l’Administration à réduire le nombre d’élèves dans les spécialités littéraires. Plus encore, l’administration reconnaît elle-même que l’abandon d’une spécialité en terminale pénalise les spécialités littéraires, mais aussi la spécialité HGSSP, qui subissent une forte érosion en terminale.
Un argument supplémentaire pour continuer à revendiquer l’abrogation de la réforme du lycée !

Le principe du partenariat public/privé étendu aux lycées ??

L’Administration a à nouveau officiellement reconnu que de élèves n’ayant pas obtenu d’affectation dans le public étaient affectés dans des lycées professionnels privés, dans le Val d’Oise et en Essonne. Il s’agirait « d’un effort de l’enseignement privé sous contrat en faveur de la mixité sociale ! ». Ainsi, en raison d’un manque d’anticipation qui conduit à des problèmes d’affectation dans des départements en forte croissance démographique, l’académie n’a pas d’autre solution à proposer que de financer des inscriptions dans des établissements privés. Le SNES-FSU dénonce cette grave dérive.
Pour plus d’informations, consultez les articles du SNES 91.