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Contractuels : Précarité accrue !

samedi 13 juillet 2019
par  Snes S3 AT

L’année scolaire qui vient de se terminer s’est traduite pour les contractuels de l’académie de Versailles par un accroissement de la précarité inédit depuis plusieurs années. Alors que les années précédentes avaient permis d’enregistrer, notamment grâce à l’action syndicale, quelques avancées (nouvelle grille indiciaire, mise en place d’une évolution de carrière pour tous), l’année 2018/2019 a vu l’administration rectorale effectuer des choix hautement critiquables tant pour les collègues que pour le bon fonctionnement du service public d’éducation.

Les deux mesures les plus emblématiques de ce retour en arrière concernent les CDI et le paiement des vacances d’été.
Alors que depuis de nombreuses années la transformation des CDD en CDI au bout de 6 ans ne posait aucune difficulté, le rectorat a choisi cette année de s’abriter derrière une argutie juridique pour limiter le nombre de CDI : les contrats conclus au titre des articles 6 quater et 6 quinquies de la loi de 1984 s’ils sont pris en compte pour le calcul des 6 ans n’ouvrent plus droit à la transformation du CDD en CDI ! Il suffit donc à l’administration après avoir employé un contractuel durant 5 ans sur des besoins permanents (article 4 ou 6 de la loi) de le recruter la 6e année sur un besoin temporaire (article 6.4 ou 6.5) pour éviter de transformer le CDD en CDI.

L’autre point particulièrement scandaleux est la décision prise d’arrêter les contrats signés après le 1er janvier à la fin de l’année scolaire et non plus au 31 août. Alors que ces dernières années, tirant leçon de la crise de recrutement et des besoins de l’académie en contractuels, le rectorat proposait généralement des contrats incluant les mois de juillet et d’août, revirement total cette année : un grand nombre de contractuels doivent donc s’inscrire à Pôle Emploi pour être indemnisés pour la période estivale.

Alors que le gouvernement, à travers la loi Fonction Publique, affirme vouloir réduire le nombre de fonctionnaires et augmenter le nombre de contractuels, on voit bien de quoi il s’agit en réalité : plutôt que de recruter des agents titulaires pour accomplir des missions au service de tous les usagers, le seul objectif est strictement comptable : des non titulaires, le plus précarisés possible, pour satisfaire au dogme de la baisse de la dépense publique et légitimer les baisse d’impôt en particulier pour les plus riches.

A l’inverse de ces choix, parce que le remplacement est un besoin essentiel et permanent du service public, le SNES et la FSU revendiquent l’arrêt du recours massif aux personnels précaires et un plan de titularisation ambitieux pour résorber la précarité.