Répartition de 40 ETP pour les lycées fragiles : on cherche encore la carte de l’Education Prioritaire et les moyens pérennes !

dimanche 12 mars 2017
par  Snes S3 SV

En réponse à la mobilisation des personnels des lycées de l’Education Prioritaire, la Ministre a fait plusieurs annonces, tant sur le plan des indemnités pour les personnels que des moyens pour les lycées concernés. Rapidement l’insuffisance de ces dispositions est apparue. En ce qui concerne les moyens, la Ministre a annoncé une dotation nationale de 450 emplois pour les lycées dits « fragiles », catégories jusqu’ici inconnues dans le paysage de l’Education Nationale, en renvoyant l’identification des lycées en relevant à l’échelon académique. Dès le départ, l’idée même de construction d’une carte nationale des lycées de l’Education Prioritaire était donc écartée, loin des revendications des personnels.
Rappel de la mobilisation et de l’action du SNES-FSU
-* Point sur les actions : grèves, manifestations
-* En CTA, quels moyens pour les lycées ZEP

L’académie de Versailles s’est vue octroyer 40 emplois, ce qui est peu au regard de l’ampleur des inégalités économiques et sociales dans notre académie. La section académique du SNES-FSU est intervenue à plusieurs reprises auprès du Recteur pour connaître les critères qui ont présidé à la répartition des ces emplois, mais aussi pour connaître la liste des lycées retenus (intervention lors du CTA du mois de décembre, lors du CTA de janvier, initiative d’un courrier intersyndical).

La liste de ces lycées a été communiquée après les travaux des CTSD. En Pj ci-dessous

Liste des lycées - ETP lycées fragiles



47 lycées bénéficient des emplois. Ils ont été identifiés à partir d’un critère assez fin : l’IPS (indicateur de position sociale). Ce sont essentiellement des lycées professionnels qui sont bénéficiaires de ces moyens, ce qui permet de reconnaître leur situation, alors même qu’ils n’étaient pas nécessairement dans la liste des lycées ZEP. Mais des lycées qui ne font pas partie de cette liste connaissent toujours des situations scolaires, économiques et sociales très difficiles, mesurées et mesurable par des indicateurs objectifs. La principale limite de l’exercice rectoral est donc d’avoir été contraint par la faiblesse manifeste de la dotation académique.

Dans le détail, il apparaît des différences significatives entre départements et entre établissements. Dans le 92, le lycée Newton a pu bénéficier de 2 ETP, ce qui a permis d’assurer tous les projets portés par les équipes, dans le 95, des lycées ont vu leur dotation significativement abondée alors même que le nombre d’élèves diminue (exemple : lycée La tourelle à Sarcelles +220 heures et -105 élèves). En revanche, d’autres situations sont problématiques. Ainsi dans le 91, le LP Nadar gagne 19 élèves mais perd 10 heures, d’autres lycées voient leur dotation augmenter, mais de manière peu significative, si bien que le H/E est en baisse, comme au lycée des Frères Moreau ou au lycée Brassens.

En définitive, si quelques lycées ont pu bénéficier de moyens supplémentaires, pour certains, les moyens sont peu significatifs et d’autres sont oubliés alors même qu’ils concentrent toujours de nombreuses difficultés, et leur DGH ne permet pas de maintenir des dispositifs qui ont fait leurs preuves (comme au lycée Maurice Eliot, à Epinay sous Sénart dans le 91).

Les revendications du SNES-FSU pour les lycées de l’Education Prioritaire restent donc toujours pleinement d’actualité : il est indispensable que des travaux pour une carte nationale, avec des moyens pérennes soit établie, en partant des besoins du terrain et non d’une enveloppe pré-déterminée qui ferme d’emblée le périmètre des lycées de l’Education Prioritaire.