Un audit citoyen qui balaye le cliché libéral de la dette

mercredi 18 juin 2014
par Snes S3 JJD

 « L’Etat vit au dessus de ses moyens », un lieu commun qui demande vérification.

Depuis des années, les gouvernements successifs et les médias qui leur servent la soupe, répètent le même lieu commun : la dette, soi-disant issue de « l’explosion des dépenses publiques », en particulier de l’Etat, le condamnerait inévitablement à des coupes sombres.

« Austérité », « rigueur », « sérieux budgétaire », les concepts ne manquent pas pour aboutir toujours au même résultat : le gel des salaires et des pensions, la non revalorisation de nos métiers et globalement des services publics toujours plus sacrifiés.

L’absence d’alternative aux politiques d’austérité serait certifiée par « la dette ».

  L’audit citoyen qui vient d’être publié remet les pendules à l’heure :

  • les dépenses de l’Etat baissent de 2 % du PIB de 1978 à 2012
  • mais les recettes de l’Etat baissent sur la même période de 5.5% du PIB.

La dette renvoie à deux causes majeures :

1. l’Etat a délibérément amputé ses recettes, en particulier depuis le début des années 2000 et cela au bénéfice des plus riches et des grandes entreprises. Sans cette amputation volontaire des recettes, la dette publique serait inférieure de 24 % de PIB (486 milliards €) à son niveau actuel,

2. les taux d’intérêt très élevés dans les années 1990 (politique du franc fort et spéculation associée à la libération des mouvements de capitaux dans la perspective de l’euro) ont considérablement gonflé la dette. Si l’Etat, s’était financé auprès des ménages et des banques à un taux d’intérêt réel de 2 %, la dette serait inférieure de 29 % du PIB (589 milliards d’euros) à son niveau actuel

L’effet combiné des deux éléments sur la dette publique est de 53 % du PIB (1077 milliards €) : sans cela, la dette publique cumulée serait à un niveau très raisonnable (43 % du Pib au lieu de 90 %). Cerise sur le gâteau : les plus riches ont à la fois bénéficié des multiples cadeaux fiscaux consentis par l’état et pu prêter cet argent à de bonnes conditions (pour eux) au même Etat.

Les politiques libérales sont à la source de la dette mais elles s’appuient sur la situation qu’elles ont créée pour exiger toujours plus d’austérité pour venir à bout de leur dette. C’est le pompier pyromane.

Elles reprennent les mesures qui ont déjà conduit à la situation actuelle : cadeaux fiscaux (crédit compétitivité : 20 milliards pour les entreprises sans la moindre contrepartie) pacte de compétitivité Hollande, refus de toute réglementation véritable de l’activité des banques, pas de mesures tangibles sur la fraude fiscale (entre 60 et 80 milliards).

Ces mesures étouffent l’activité économique par manque de demande, amputent un peu plus les recettes fiscales et sociales, ce qui recreuse à nouveau les déficits. Mais les shadoks libéraux s’acharnent à poursuivre ce qui a totalement échoué.

Aujourd’hui comme hier, l’Etat ampute volontairement ses ressources et celles de la protection sociale sous couvert de « baisse des charges » (à compenser sur le budget de l’état), et il reste volontairement dans la dépendance des marchés.

Complaire à ceux-ci, en sacrifiant délibérément les besoins de la population et l’intérêt général devient alors l’axe central de la politique poursuivie.

  C’est tout l’inverse qu’il convient de faire : la vie de la population(les salaires, l’emploi, les services publics) doit être prioritaire sur la dette.

Il faut donc :

  • établir qui détient effectivement la dette pour dissocier dans les créanciers les épargnants modestes des milliardaires et des fonds provenant de paradis fiscaux
  • mettre en œuvre une véritable réforme fiscale pour faire payer les sociétés du CAC 40 et les plus riches (pour eux, la progressivité de l’impôt s’est écroulé depuis 20 ans)
  • se redonner, par la mise en place d’un pôle financier public et le contrôle des mouvements de capitaux le moyen de mobiliser les ressources nécessaires aux services publics.

1) http://www.audit-citoyen.org/?p=6291

2)La nomination comme conseillère économique à l’Élysée de Mme Laurence Boone , économiste ultra libérale arrivant directement de la City de Londres et de la Bank of America est emblématique de cette sujétion à « la finance »

3) L’état, à l’heure actuelle emprunte par l’intermédiaire des banques et ne sait pas qui sont les créanciers ultimes !

4) CAC 40 : l’impôt effectif ne porte que sur 8 % seulement des bénéfices


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